PRES ET AGENDA SÉNÉGAL 2050 : AHMADOU AL AMINOU LO DÉFEND LA COHÉRENCE DU REDRESSEMENT ÉCONOMIQUE

Lors de son passage dans l’émission Point de vue, le ministre d’État auprès du Président de la République, Ahmadou Al Aminou Lo, a longuement justifié la pertinence et la cohérence du Plan de Redressement Économique et Social (PRES) dans la mise en œuvre de l’Agenda national de transformation, face aux interrogations suscitées par la crise économique et l’absence de programme avec le Fonds monétaire international (FMI).

Revenant d’abord sur le bilan de l’année 2025, le ministre a souligné son importance dans le déploiement de l’agenda national, notamment en matière d’infrastructures, de désenclavement et d’aménagement du territoire. Selon lui, cette période a marqué le démarrage effectif du redressement économique, amorcé dans un contexte difficile mais assumé. « Le redressement s’est enclenché, a été initié », a-t-il affirmé, se disant convaincu que l’année 2026 permettra d’en mesurer concrètement les résultats, grâce à la mise en œuvre du PRES.

Interpellé sur le caractère contraint de ce redressement, dicté par un environnement économique défavorable, Ahmadou Al Aminou Lo a tenu à dissiper toute confusion entre l’Agenda Sénégal 2050 et le Plan de Redressement Économique et Social. À ses yeux, il ne s’agit nullement de deux instruments concurrents, mais bien de dispositifs complémentaires. « On ne peut pas opposer le PRES et l’agenda », a-t-il martelé, qualifiant le plan de redressement de « premier palier » de l’agenda national.

Le ministre a rappelé que le PRES s’inscrit pleinement dans plusieurs objectifs stratégiques de l’Agenda Sénégal 2050, en particulier ceux relatifs à la soutenabilité du cadre macroéconomique, à la mobilisation des ressources internes, à l’innovation, à l’amélioration du climat des affaires et à l’implication de la diaspora. L’essentiel du plan, a-t-il précisé, vise à restaurer les équilibres macroéconomiques, condition sine qua non pour relancer durablement le développement.

Reconnaissant le caractère urgent de la situation, marqué notamment par un niveau d’endettement élevé, estimé à environ 120 % du PIB, Ahmadou Al Aminou Lo a insisté sur la nécessité d’aller au-delà du constat. « Nous ne sommes pas là juste pour nous plaindre de ce qu’on nous a laissé », a-t-il déclaré, soulignant la volonté du gouvernement de démontrer, tant au peuple sénégalais qu’aux partenaires techniques et financiers, la capacité du pays à se redresser par ses propres moyens.

Dans cette optique, le PRES prévoit la mobilisation de près de 6 000 milliards de francs CFA sur la période 2025-2028, soit l’équivalent d’un budget annuel. Ces ressources doivent provenir en grande partie d’un effort interne, à travers l’élargissement de l’assiette fiscale, l’identification de niches fiscales et le renforcement du civisme fiscal. Le ministre a tenu à rassurer : les mesures envisagées, selon lui, n’auront « aucun impact sur le petit peuple ».

Abordant la question de l’absence de programme avec le FMI, Ahmadou Al Aminou Lo a relativisé ses effets. S’il reconnaît une réduction des marges budgétaires et la suspension de certains financements extérieurs, il estime néanmoins que cette situation peut être transformée en opportunité. « Une menace peut devenir une opportunité », a-t-il affirmé, appelant les Sénégalais à relever le défi de la souveraineté économique.

Pour le ministre, la véritable souveraineté réside dans la capacité à financer son propre développement. Comparant le taux de pression fiscale du Sénégal, autour de 20 % du PIB, à celui des pays développés, situé entre 30 et 40 %, il plaide pour un effort national accru. Un effort qui, selon lui, aurait été exigé même en présence d’un programme avec le FMI, tant la mobilisation des ressources internes constitue une obligation structurelle.

Ahmadou Al Aminou Lo a rappelé que l’endettement reste un outil normal de gestion budgétaire, soulignant que tous les États y ont recours. L’appartenance du Sénégal à une union monétaire, a-t-il ajouté, offre par ailleurs des garanties de stabilité. Mais pour l’heure, insiste-t-il, la priorité demeure claire : réussir le PRES, restaurer les équilibres macroéconomiques et démontrer que le Sénégal peut compter d’abord sur lui-même pour bâtir un développement durable et souverain.