Le carré d’armes du quartier Dial Diop a servi, une nouvelle fois, de cadre solennel à un moment fort de la vie militaire nationale. Près de trois ans après y avoir pris officiellement ses fonctions de Chef d’état-major général des Armées, le général Mbaye Cissé y a fait ses adieux aux troupes, lors d’une cérémonie empreinte d’émotion et de reconnaissance. Il est remplacé par le vice-amiral Oumar Wade.
Dans un discours dense et appuyé, le ministre des Forces armées, le général Birame Diop, a rendu un hommage appuyé à un officier « d’exception », au terme de plus de trente-sept années de service consacrées à la défense de la Nation.

Retraçant le parcours du général Cissé, le ministre a salué « une vie de devoir, d’engagement permanent et de fidélité absolue aux valeurs d’honneur, de discipline et de courage ». De ses débuts au bataillon d’artillerie à ses hautes responsabilités en état-major, en passant par la direction du Centre des hautes études de défense du Sénégal et ses fonctions de Chef de l’État-major particulier du Président de la République, le général Mbaye Cissé aura gravi tous les échelons avec constance et exigence.
Le ministre a particulièrement insisté sur la cohérence entre les convictions du général et son action. Dès son ordre du jour n°1, il exhortait les militaires à « agir avec nos valeurs au cœur », une ligne de conduite qu’il aura incarnée tout au long de son commandement.
Au-delà du parcours, c’est le style de commandement du général Cissé qui a été mis en exergue. « Commander, ce n’est pas seulement décider, c’est donner du sens, inspirer et rassembler », a rappelé le ministre.

Décrit comme un chef alliant fermeté et bienveillance, exigence et humanité, il aura su faire confiance à ses subordonnés tout en assumant pleinement ses responsabilités. Son autorité, fondée autant sur la compétence que sur l’écoute, s’est également appuyée sur une solide formation universitaire en philosophie, sociologie et relations internationales, nourrissant une réflexion stratégique reconnue.
À la tête des Armées dans un contexte sécuritaire régional complexe, le général Mbaye Cissé aura poursuivi les réformes structurelles engagées dans le cadre du Plan 2025. Sous son commandement, le renforcement des capacités opérationnelles et humaines a constitué une priorité.

Le ministre a souligné son rôle dans la consolidation de la logistique militaire et dans la promotion d’une stratégie d’acquisition fondée sur la planification pluriannuelle, notamment à travers la perspective d’une loi de programmation militaire. Il a également été un acteur clé dans les premiers jalons de l’industrie de défense nationale, avec l’ambition de renforcer l’autonomie stratégique du Sénégal.
Le général Cissé laisse également l’empreinte d’un chef attentif à la condition du personnel. Le lancement de la campagne nationale de solidarité « Dello Njukall » en faveur des militaires blessés et invalides, la relance du gala des Armées ou encore l’initiative « Waajal ëlëk », système endogène de retraite par capitalisation, témoignent d’une volonté de préserver la dignité des soldats au-delà du service actif.
Le renforcement du lien Armée-Nation a également constitué un axe fort de son action, avec des Armées davantage engagées aux côtés des populations et des administrations.

La cérémonie a réaffirmé la devise forte des Armées sénégalaises : « On nous tue, on ne nous déshonore pas ». Une formule qui résume l’esprit d’engagement et d’intégrité que le ministre Birame Diop a attribué au général Mbaye Cissé.

Son départ marque la fin d’un cycle, mais aussi la transmission d’un héritage fondé sur la rigueur, la vision et la fidélité aux valeurs militaires. Le vice-amiral Oumar Wade prend désormais le relais, dans la continuité d’une institution appelée à relever des défis sécuritaires et stratégiques majeurs.
