La Senelec affiche des résultats globalement satisfaisants sur la période 2021-2024, mais reste plombée par une lourde ardoise financière. C’est le constat dressé par le ministre de l’Énergie, Birame Souleye Diop, lors de l’atelier consacré au bilan du contrat de performance signé entre l’État du Sénégal et la société nationale d’électricité.
Selon le ministre, les indicateurs globaux de performance dépassent les 100 % sur l’ensemble de la période évaluée, traduisant des avancées notables sur plusieurs plans. Une dynamique positive qui témoigne, selon lui, des efforts consentis pour améliorer la gouvernance et l’efficacité opérationnelle de la Senelec.
Toutefois, le tableau reste contrasté. « La Senelec peut faire mieux, et même bien mieux », a reconnu Birame Souleye Diop, pointant des objectifs non atteints en raison de contraintes structurelles persistantes. La principale d’entre elles concerne le volume des impayés dus par certaines entités publiques.
Le montant évoqué donne la mesure de l’enjeu : 48,5 milliards de francs CFA. Cette dette, contractée par des institutions publiques, constitue un manque à gagner important qui affecte directement la santé financière de l’entreprise. Elle limite notamment sa capacité d’investissement et freine ses ambitions de développement, dans un contexte où la demande énergétique nationale ne cesse de croître.
Face à cette situation, le gouvernement entend passer à l’action. Le ministre a annoncé la mise en place de conventions de dettes croisées couvrant les exercices 2023, 2024 et 2025. L’objectif est d’apurer progressivement les arriérés, tout en préservant l’autonomie financière de la Senelec.
Par ailleurs, le dossier sera porté au plus haut niveau de l’État. Birame Souleye Diop a indiqué que le Président de la République, le Premier ministre ainsi que le ministère des Finances et du Budget seront officiellement saisis, afin d’accélérer la mise en œuvre de solutions durables.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté affichée de consolider les performances de la Senelec et de lever les contraintes financières qui entravent encore son plein potentiel, alors que le secteur énergétique demeure un pilier stratégique pour la croissance économique du Sénégal.
