COOPÉRATION SCIENTIFIQUE : LE SÉNÉGAL ET LA CÔTE D’IVOIRE CAPITALISENT SUR LE SENSAT POUR DÉVELOPPER LES COMPÉTENCES SPATIALES

Le Sénégal, en partenariat avec la Côte d’Ivoire et le Cameroun, s’engage dans une nouvelle dynamique de coopération scientifique avec le lancement du programme TERRASCAPE. Cette initiative, inscrite dans le cadre du programme Erasmus+ de l’Union européenne, vise à renforcer les capacités de l’enseignement supérieur en matière de géomatique, de télédétection et d’analyse des données spatiales.

Porté par un réseau d’institutions africaines et européennes, le projet ambitionne de structurer une offre de formation adaptée aux enjeux environnementaux et technologiques contemporains. Au Sénégal, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) joue un rôle central sous la coordination du Professeur Gayane Faye, spécialiste reconnue en télédétection spatiale. Également à la tête du programme spatial national SENSAT, elle s’est illustrée dans la mise en œuvre de la stratégie ayant conduit au lancement du premier satellite sénégalais, GAINDESAT-1A.

Le programme mobilise sept universités africaines réparties entre les trois pays partenaires. Outre l’UCAD, l’Université Iba Der Thiam de Thiès (UIDT) représente le Sénégal. En Côte d’Ivoire, l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan et l’Université Alassane Ouattara de Bouaké participent activement au projet. Le Cameroun est, quant à lui, représenté par les universités de Ngaoundéré, d’Ebolowa et de Dschang.

Pour garantir un transfert de compétences de haut niveau, TERRASCAPE s’appuie sur l’expertise de plusieurs institutions européennes de référence, notamment l’Université de Toulouse, INRAE, l’Université de Cantabrie, ainsi que l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF-EU). Ces partenaires interviennent dans des domaines clés tels que la gestion des ressources en eau, les systèmes hydrologiques, l’agriculture durable et l’analyse des risques climatiques.

Sur le plan opérationnel, le programme prévoit la révision et la création de curricula en géomatique et télédétection, avec des modules spécialisés portant sur les risques côtiers, l’érosion des sols, l’agroforesterie et la résilience climatique. Il inclut également un important volet de renforcement des capacités des enseignants, axé sur les technologies spatiales émergentes, les capteurs de nouvelle génération et les applications de l’intelligence artificielle pour le suivi environnemental en temps quasi réel.

Les étudiants ne sont pas en reste. Des écoles d’été seront organisées pour accompagner leur parcours académique, tandis qu’un dispositif dédié à l’entrepreneuriat spatial vise à favoriser l’émergence de startups et à améliorer l’employabilité des diplômés.

Au-delà de la formation, TERRASCAPE se positionne comme un levier stratégique pour répondre aux défis environnementaux du continent. En renforçant les capacités en observation de la Terre et en analyse géospatiale, le programme contribue à doter les pays partenaires d’outils d’aide à la décision face aux enjeux liés au changement climatique, à la gestion des ressources naturelles et à l’aménagement du territoire.

À travers cette initiative, le Sénégal confirme son ambition de s’imposer comme un hub régional dans le domaine des technologies spatiales, en misant sur la formation, l’innovation et la coopération internationale.