La dynamique de modernisation agricole franchit un nouveau cap dans le sud du pays. À Sédhiou, le Projet de développement des chaînes de valeur riz (PDCVR) vient de renforcer significativement les capacités de recherche et de production semencière, avec la réception de quatre serres vitrées de dernière génération. Financées à hauteur de 307 millions de francs CFA par la Banque islamique de développement, ces infrastructures ont été officiellement réceptionnées lundi par le coordonnateur du PDCVR, Wally Diouf, au centre de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) de Sédhiou.
Dans une approche structurante, Wally Diouf a rappelé le rôle stratégique de la semence dans toute politique agricole performante. « Les fondements de l’agriculture reposent sur la semence », a-t-il insisté, soulignant que ces nouvelles installations permettront désormais une production continue de semences de pré-base, sur les douze mois de l’année, indépendamment des contraintes climatiques.
Au-delà des serres, le dispositif d’investissement englobe plusieurs infrastructures connexes destinées à optimiser la chaîne de production et de recherche : château d’eau, laboratoire, logements pour chercheurs, aire de séchage, magasin de stockage, centre de formation, clôture sécurisée et bureaux administratifs. Un ensemble cohérent qui positionne progressivement Sédhiou comme un hub stratégique.
L’ambition est clairement affichée : faire de cette localité « la capitale semencière du Sénégal ». Un objectif qui repose sur une montée en puissance des capacités de recherche variétale et de diffusion de semences améliorées. Sur le plan technique, l’impact attendu est déjà salué par les acteurs de terrain. Jean Paul Ahoussy, technicien à l’ISRA, met en avant le potentiel des nouvelles serres pour intensifier les croisements génétiques et renouveler progressivement les variétés devenues obsolètes.
Du côté de l’administration territoriale, le sous-préfet de Diendé, Hubert Lazare Birame Faye, a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse des infrastructures, afin d’en garantir la durabilité et d’anticiper d’éventuelles défaillances. Au-delà de l’investissement, c’est une orientation stratégique qui se dessine. Pour les autorités, ce projet porté par la BID et ses partenaires s’inscrit dans une logique de consolidation de la souveraineté alimentaire, en misant sur la qualité des intrants agricoles.
Pour les producteurs locaux, les perspectives sont tout aussi significatives : amélioration des rendements, meilleure résilience face aux aléas climatiques et accès à des semences performantes. Autant de leviers susceptibles de transformer durablement la filière rizicole nationale.
