Le Sénégal a accueilli, vendredi à Dakar, une conférence internationale consacrée aux cryptoactifs et aux innovations numériques, dans un contexte marqué par l’accélération des mutations du système financier mondial et les interrogations croissantes autour de la souveraineté monétaire et de la régulation des nouvelles technologies financières.
Organisée par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, la rencontre s’est tenue sous le thème : « Cryptoactifs et innovations numériques : opportunités et défis pour la stabilité monétaire et financière ». Elle a réuni des gouverneurs de banques centrales, des décideurs publics, des experts financiers ainsi que des universitaires venus de plusieurs pays.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par Cheikh Diba, en présence de Jean-Claude Kassi Brou. Prenant la parole au nom du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, le ministre des Finances a salué une initiative qu’il juge essentielle face à des transformations « profondes, rapides et irréversibles » du système financier international.
Selon lui, les cryptoactifs et les technologies numériques redessinent progressivement les contours de l’intermédiation financière et de la souveraineté monétaire. Il a notamment mis en avant leur potentiel pour les économies africaines, confrontées depuis des décennies à la sous-bancarisation et à l’accès limité aux services financiers.
Cheikh Diba a souligné que ces innovations pourraient favoriser l’inclusion financière, améliorer l’efficacité des paiements, réduire les coûts de transaction et accélérer l’intégration économique régionale. Il y voit également un levier de transparence des flux financiers et de création d’emplois durables.
Le ministre est revenu sur les ambitions numériques du Sénégal à travers le « New Deal Technologique », lancé en février 2025 par les autorités sénégalaises. Cette stratégie vise à faire du pays un hub technologique et financier en Afrique à l’horizon 2050, autour de plusieurs priorités, dont la souveraineté numérique, la digitalisation des services publics, le développement de la fintech, de l’intelligence artificielle et de la blockchain, ainsi que le renforcement du capital humain.
Toutefois, les autorités sénégalaises ont également insisté sur les risques liés à l’essor des cryptoactifs. Parmi les principales menaces évoquées figurent la volatilité des marchés, le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme, les cyberattaques et le développement d’activités financières non régulées.
Face à ces défis, Cheikh Diba a plaidé pour une réponse collective fondée sur la coopération régionale et internationale. Il a réaffirmé le soutien du Sénégal aux travaux engagés par la BCEAO pour l’élaboration d’un cadre réglementaire harmonisé capable de concilier innovation, protection des consommateurs et stabilité financière.
Convaincu que les échanges de Dakar permettront d’aboutir à des solutions adaptées aux réalités africaines, le ministre des Finances a exprimé l’espoir que les conclusions de la conférence contribueront à orienter les politiques publiques et à renforcer la coopération entre les institutions monétaires et financières de la région.
