POLITIQUE MONETAIRE : LA BCEAO MAINTIENT SES TAUX DIRECTEURS FACE AUX INCERTITUDES INTERNATIONALES

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé de maintenir inchangés ses principaux instruments de politique monétaire à l’issue de la deuxième session de son Comité de politique monétaire (CPM), tenue ce mercredi.

Ainsi, le principal taux directeur, auquel la Banque centrale prête ses ressources aux établissements bancaires, reste fixé à 3,00 %. Le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal est également maintenu à 5 %, tandis que le coefficient des réserves obligatoires applicable aux banques de l’Union demeure à 3 %.

Cette décision intervient après une analyse de l’évolution de la conjoncture économique internationale et régionale. Selon le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les marchés, notamment à travers la hausse des prix du pétrole, alimentent un climat d’incertitude qui appelle à la prudence.

Le Fonds monétaire international (FMI) a d’ailleurs revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale, désormais estimée à 3,1 %, tandis que les perspectives d’inflation mondiale sont passées de 4,1 % à 4,4 %.

Ces évolutions ont déjà des conséquences dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), où plusieurs États ont procédé à des ajustements des prix des carburants à la pompe en raison de la flambée des cours du pétrole.

Malgré ce contexte international difficile, la BCEAO estime que les fondamentaux économiques de l’Union demeurent solides. La croissance régionale est attendue à 6,1 % en 2026, tandis que l’inflation, bien qu’en légère remontée, resterait maîtrisée avec une prévision de 1,6 % sur l’année.

Le gouverneur de la BCEAO a également mis en avant la bonne tenue de la position extérieure de l’Union, soutenue notamment par les exportations d’or, d’hydrocarbures et de cacao, ainsi que par la mobilisation de financements extérieurs par les États membres. Les réserves de change et la liquidité bancaire sont jugées satisfaisantes.

Face à ces indicateurs encourageants, mais conscient des risques liés à l’environnement international, le Comité de politique monétaire a choisi de privilégier la stabilité.

« Les clignotants sont au vert, mais la prudence reste de mise en raison des incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale et qui pourraient affecter les équilibres macroéconomiques de notre Union », a souligné Jean-Claude Kassi Brou.

À travers cette décision, la BCEAO entend préserver la stabilité monétaire et financière de l’espace UEMOA tout en restant attentive aux évolutions de la conjoncture internationale.