Le compte à rebours est terminé. La 23e édition de la Coupe du monde de football débute ce jeudi 11 juin à Mexico, marquant l’ouverture d’un tournoi déjà présenté comme le plus ambitieux jamais organisé par la Fédération internationale de football (FIFA). Pendant 38 jours, jusqu’au 19 juillet, 48 nations se disputeront le trophée suprême à travers le Canada, les États-Unis et le Mexique.
Cette édition 2026 restera dans les annales pour plusieurs raisons. Pour la première fois, trois pays accueillent conjointement la compétition. Pour la première fois également, le nombre de participants passe de 32 à 48 équipes. Enfin, jamais l’Afrique n’avait été aussi fortement représentée avec dix sélections qualifiées pour la phase finale.
Du Sénégal au Maroc, de la Côte d’Ivoire à l’Algérie, de l’Égypte à la République démocratique du Congo, le continent nourrit de grandes ambitions et espère confirmer sa progression constante sur la scène mondiale.
Un Mondial aux dimensions inédites
La Coupe du monde 2026 se distingue d’abord par son ampleur. Au total, 104 rencontres seront disputées dans seize stades répartis entre les trois pays organisateurs. Le tournoi s’ouvrira au mythique Estadio Azteca de Mexico avant de s’achever le 19 juillet dans la région de New York, où se déroulera la finale.
Le match inaugural mettra aux prises le Mexique et l’Afrique du Sud. Une affiche symbolique qui rappelle l’ouverture du Mondial 2010 lorsque les Bafana Bafana avaient déjà affronté les Mexicains à Johannesburg. Cette rencontre s’était soldée par un match nul (1-1).
Afin d’accompagner l’élargissement du nombre de participants, la FIFA a adopté une nouvelle formule avec douze groupes de quatre équipes. Les deux premiers de chaque groupe ainsi que les huit meilleurs troisièmes se qualifieront pour les seizièmes de finale. Cette réforme offre davantage d’opportunités aux nations émergentes, notamment africaines, d’atteindre les phases à élimination directe.
L’Afrique en force avec dix représentants
L’un des faits marquants de cette édition est la présence record de dix sélections africaines. Le continent sera représenté par le Sénégal, le Maroc, la Côte d’Ivoire, l’Algérie, l’Égypte, la Tunisie, le Ghana, l’Afrique du Sud, la République démocratique du Congo et le Cap-Vert.
Jamais la FIFA n’avait accordé autant de places à l’Afrique dans une phase finale de Coupe du monde. Cette progression est le reflet du poids grandissant du football africain sur la scène internationale. Les performances récentes du continent ont largement contribué à cette reconnaissance.
Lors du Mondial 2022 au Qatar, le Maroc avait créé l’exploit en devenant la première sélection africaine à atteindre les demi-finales de la compétition. Les Lions de l’Atlas avaient successivement éliminé l’Espagne et le Portugal avant de s’incliner face à la France. Le Sénégal avait également porté haut les couleurs du continent en atteignant les huitièmes de finale. Ces résultats ont renforcé les ambitions africaines à l’approche du rendez-vous nord-américain.
Le Maroc et le Sénégal en porte-drapeaux des ambitions africaines
Parmi les dix représentants du continent, le Maroc et le Sénégal apparaissent comme les principales locomotives du football africain à l’approche de cette Coupe du monde 2026. Les Lions de l’Atlas abordent la compétition avec le statut particulier de demi-finalistes du Mondial 2022. Au Qatar, les Marocains avaient marqué l’histoire en devenant la première sélection africaine à atteindre le dernier carré d’une Coupe du monde, éliminant notamment l’Espagne et le Portugal avant de céder face à la France.
Quatre ans plus tard, les hommes de Walid Regragui ne bénéficient plus de l’effet de surprise, mais conservent une équipe solide et expérimentée. Emmené par Achraf Hakimi, l’un des meilleurs latéraux du monde, et par le meneur de jeu Brahim Diaz, le Maroc nourrit l’ambition de confirmer son nouveau statut parmi les grandes nations du football mondial.
À leurs côtés, les Lions du Sénégal représentent l’autre grande chance africaine. Qualifié pour une troisième Coupe du monde consécutive, le Sénégal dispute la quatrième phase finale de son histoire après 2002, 2018 et 2022. Quart de finaliste dès sa première participation en Corée du Sud et au Japon en 2002, puis huitième de finaliste au Qatar en 2022, le Sénégal s’est progressivement installé parmi les sélections les plus régulières du continent. Les Lions arrivent en Amérique du Nord avec l’ambition de retrouver les sommets et de confirmer leur statut acquis au cours de la dernière décennie.
À 34 ans, Sadio Mané demeure la figure emblématique de cette génération. Véritable leader technique et moral, l’attaquant sénégalais reste l’atout offensif majeur d’une équipe qui compte également sur l’expérience de plusieurs cadres habitués des grandes compétitions internationales. Le Sénégal évoluera dans un groupe relevé composé de la France, de la Norvège et de l’Irak. Les Lions entreront en lice le 16 juin face aux Français avant d’affronter la Norvège le 23 juin puis l’Irak le 26 juin.
Pour de nombreux observateurs, le Maroc et le Sénégal disposent aujourd’hui des effectifs les plus compétitifs du continent. Dans un tournoi élargi à 48 équipes, les deux sélections semblent avoir les moyens d’atteindre les phases avancées de la compétition et de prolonger la dynamique positive du football africain sur la scène mondiale.
Côte d’Ivoire et Algérie, des ambitions assumées
Championne d’Afrique en titre, la Côte d’Ivoire arrive aux États-Unis avec une confiance retrouvée. Les Éléphants espèrent franchir enfin le cap du premier tour, un objectif qui leur a toujours échappé lors de leurs précédentes participations malgré plusieurs générations talentueuses. Le récent succès ivoirien contre la France en match de préparation a renforcé les espoirs des supporters.
L’Algérie effectue pour sa part son retour sur la scène mondiale douze ans après son remarquable parcours au Brésil en 2014, conclu en huitième de finale. Les Fennecs arrivent avec des certitudes après plusieurs résultats convaincants, notamment une victoire de prestige contre les Pays-Bas lors de leur préparation.
Salah, Semenyo et les autres stars africaines
Cette Coupe du monde sera également l’occasion pour plusieurs figures majeures du football africain de marquer l’histoire. L’Égypte comptera une nouvelle fois sur Mohamed Salah. À quelques jours de son 34e anniversaire, le capitaine des Pharaons rêve de conduire son pays vers un parcours inédit.
L’Égypte n’a encore jamais remporté de match en phase finale de Coupe du monde et espère briser cette statistique lors de cette édition. Le Ghana sera emmené par Antoine Semenyo, l’une des révélations africaines du championnat anglais. L’attaquant symbolise le renouvellement d’une sélection en pleine reconstruction.
La Tunisie, qui dispute sa septième Coupe du monde, misera sur son expérience tandis que la République démocratique du Congo espère prolonger l’élan né de sa remarquable campagne qualificative. Quant au Cap-Vert, il découvre pour la première fois l’univers d’une phase finale mondiale et compte bien profiter de son statut d’outsider pour déjouer les pronostics.
Des artistes africains à l’honneur
L’Afrique sera aussi présente en dehors des terrains. Particularité de cette édition, chacun des trois pays hôtes organisera sa propre cérémonie d’ouverture.
À Mexico, le chanteur nigérian Burna Boy partagera l’affiche avec la star colombienne Shakira pour interpréter « Dai Dai », l’hymne officiel du tournoi. La chanteuse sud-africaine Tyla participera également à la cérémonie avant de se produire le lendemain à Los Angeles aux côtés du rappeur nigérian Rema. À Toronto, la chanteuse et actrice canado-marocaine Nora Fatehi figurera parmi les artistes invités.
Un continent qui rêve d’écrire une nouvelle page de son histoire
Depuis la création de la Coupe du monde en 1930, aucune sélection africaine n’a encore atteint la finale. Le Maroc a rapproché le continent de cet objectif en 2022 en atteignant le dernier carré.
Avec dix représentants, davantage de places qualificatives pour les phases finales et plusieurs équipes capables de rivaliser avec les grandes nations du football mondial, l’Afrique aborde cette Coupe du monde 2026 avec des ambitions inédites.
Des rues de Dakar aux cafés d’Alger, des quartiers de Casablanca aux avenues de Kinshasa, des millions de supporters suivront cette compétition avec l’espoir de voir l’un des leurs prolonger l’héritage des Lions de l’Atlas et inscrire une nouvelle page dans l’histoire du football africain.
