JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE : À KHOMBOLE, LE PLAIDOYER POUR UNE MEILLEURE REPRÉSENTATION DES JEUNES

À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée ce mercredi 12 août 2026, Khombole sera au cœur des réflexions sur la participation des jeunes à la vie publique. Placée sous le thème « Des contextes différents, des aspirations communes », la journée entend mettre en lumière la place encore limitée de la jeunesse dans les espaces de décision au Sénégal.

Selon une étude réalisée par Polaris Asso, les moins de 35 ans ne représentent que 6 % des conseillers municipaux. À l’Assemblée nationale, ils ne sont que 7 sur 165 députés, soit 4,2 %. Une situation qui contraste fortement avec le poids démographique de cette catégorie de la population : 75 % des Sénégalais ont moins de 35 ans, tandis que l’âge médian du pays est de 19 ans.

La faible représentation des jeunes dans les instances de décision ne signifie pas pour autant un désintérêt pour les affaires publiques. L’étude révèle que 58 % des 18-24 ans et 73 % des 25-35 ans interrogés se disent très intéressés par la vie publique.

Le problème réside davantage dans la faiblesse des interactions avec les institutions locales. Plus de la moitié des personnes interrogées, soit 56,93 %, déclarent n’avoir jamais contacté un conseiller municipal au cours de l’année écoulée. Ils sont également 65,84 % à n’avoir jamais eu de contact avec un Conseil communal de la jeunesse.

Ces données mettent en évidence une distance persistante entre l’intérêt des jeunes pour la vie publique et les mécanismes institutionnels censés favoriser leur participation.

L’étude identifie plusieurs freins à l’engagement des jeunes. Parmi eux figurent le manque de formation à la gouvernance locale, la faible légitimité sociale accordée à la jeunesse, les difficultés d’organisation collective et les contraintes liées aux études et à l’emploi.

Les mécanismes d’investiture au sein des formations politiques constituent également un obstacle important, les jeunes disposant de peu de marge de manœuvre dans le choix des candidats. À cela s’ajoute une digitalisation encore insuffisante de la gouvernance locale, qui limite l’accès à l’information, aux services publics et aux dispositifs de participation citoyenne.

Les jeunes femmes sont, pour leur part, confrontées à des difficultés supplémentaires liées notamment aux pesanteurs socioculturelles, aux responsabilités familiales et à la persistance de rapports patriarcaux.

À l’approche des élections locales de 2027, les acteurs engagés dans cette réflexion plaident pour une meilleure prise en compte des aspirations de la jeunesse. Parmi les pistes avancées figurent une plus grande écoute des jeunes par les pouvoirs publics, l’encouragement de leurs candidatures, la réflexion sur d’éventuels mécanismes de quotas ainsi que la promotion d’un débat politique plus apaisé.

Commune pilote du programme Mën Naa Ko, Khombole constitue à ce titre un espace d’expérimentation du dialogue entre jeunes et autorités locales. Déployé de 2024 à 2026 dans cinq communes des régions de Dakar et de Thiès, le programme vise à renforcer le leadership citoyen et le pouvoir d’agir des jeunes dans les processus de décision locale, notamment grâce au numérique, aux arts et à la culture.

La célébration de la Journée internationale de la jeunesse permettra notamment de restituer les résultats de la recherche, de présenter l’initiative « Les Jeunes en Campagne » et d’organiser une table ronde consacrée à la participation des jeunes, à l’apaisement de l’espace politique et au respect des droits humains.

À Khombole, le rendez-vous du 12 août entend ainsi dépasser la simple célébration pour ouvrir un débat sur la place de la jeunesse dans la gouvernance. À moins d’un an des prochaines élections locales, l’enjeu est désormais de transformer le poids démographique des jeunes en une participation effective aux décisions qui engagent leur avenir.