À l’occasion du lancement de la campagne DUNDAL JOJ, le conseiller spécial chargé des Sports du Président de la République, Diamil Faye, a présenté une vision qui dépasse largement l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. Son ambition : transformer ce rendez-vous historique en point de départ d’un vaste programme de développement sportif, environnemental, éducatif et social, appelé à se prolonger jusqu’en 2035 et au-delà.
Il y a un an, l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 apparaissait encore comme un défi à haut risque. Aujourd’hui, à quelques mois du rendez-vous, le Sénégal a franchi une étape décisive avec la livraison des dernières infrastructures. Pour Diamil Faye, le pays entre désormais dans une nouvelle phase : celle de la mobilisation populaire et de la construction de l’héritage.
Le conseiller spécial chargé des Sports du Chef de l’État estime que la réussite des JOJ ne saurait se mesurer uniquement à la qualité de leur organisation. Elle devra également se juger à leur capacité à laisser au Sénégal un écosystème sportif durable, capable de produire de nouveaux talents, de former des champions et d’accueillir à l’avenir d’autres grandes compétitions sans nécessairement engager de nouvelles dépenses lourdes en infrastructures.

Préparer l’après-JOJ dès maintenant
Diamil Faye place ainsi la question de l’héritage au cœur de la stratégie de DUNDAL JOJ. L’objectif affiché est de faire des Jeux un accélérateur de transformation du sport sénégalais, avec une perspective allant jusqu’en 2035, voire 2040.
Il s’agit notamment d’améliorer la gouvernance sportive, de renforcer les mécanismes de formation et de créer les conditions permettant au Sénégal de devenir une véritable destination sportive internationale.
Mais l’ambition est également de susciter une adhésion populaire durable. Le conseiller spécial veut qu’au lendemain du 13 novembre 2026, date annoncée de la fin des Jeux, les Sénégalais ne considèrent pas Dakar 2026 comme une parenthèse achevée, mais comme le début d’une nouvelle dynamique.
« Quand les Jeux seront finis, nous voudrons que la population du Sénégal soit dans une position de demander de nouveaux Jeux », a-t-il expliqué, résumant ainsi l’enjeu : faire de l’expérience olympique un moteur d’appétit sportif et de transformation collective.
Une mobilisation qui doit gagner les quartiers et les territoires
Pour rendre les Jeux populaires, DUNDAL JOJ entend mobiliser les familles, les écoles, les entreprises, les collectivités et les communautés à travers tout le pays.
L’objectif est notamment de remplir les stades, d’animer les quartiers et de faire du Festival des Jeux Olympiques de la Jeunesse une réalité qui dépasse Dakar. Le programme doit ainsi s’appuyer sur un dispositif fédérateur réunissant plusieurs ministères et institutions, parmi lesquels ceux chargés des Sports, de la Culture, de l’Intérieur, de l’Environnement et des Infrastructures.
Cette approche interministérielle traduit la volonté de faire des JOJ un projet national et non un simple événement sportif.
Les champions comme passeurs de flambeau
La transmission occupe également une place centrale dans le dispositif présenté par Diamil Faye. D’anciens champions, Olympiens et champions du monde sénégalais seront appelés à se rendre dans les établissements scolaires pour partager leur expérience avec les jeunes.
L’objectif est double : faire connaître les figures qui ont marqué l’histoire sportive du Sénégal et encourager une nouvelle génération à se projeter dans la compétition de haut niveau.
Pour les initiateurs de DUNDAL JOJ, l’héritage passe donc aussi par la mémoire, l’inspiration et la transmission des valeurs du sport.

De la « Teranga » à une véritable expérience sénégalaise
Autre axe majeur : faire vivre aux délégations étrangères une expérience sénégalaise qui dépasse les enceintes sportives.
Diamil Faye évoque un parcours permettant aux visiteurs de découvrir les marchés, les musées, les concerts, l’artisanat, la création locale et les différentes facettes de la culture sénégalaise. Le Village Festival des Jeux doit, dans cette perspective, être déployé dans les quatorze régions du pays.
L’enjeu est de faire des participants aux JOJ de véritables ambassadeurs du Sénégal à leur retour dans leurs pays.
L’environnement au cœur de l’héritage
La dimension environnementale constitue un autre pilier du programme. Après le lancement de l’initiative verte, plusieurs actions sont annoncées, notamment des randonnées et des marathons verts au cours desquels les participants seront sensibilisés au ramassage et au recyclage des déchets plastiques.
Chaque participant à ces activités devrait également contribuer à la plantation d’un arbre.
L’objectif annoncé est particulièrement ambitieux : planter au moins 100 000 arbres d’ici octobre.
DUNDAL JOJ prévoit également des « challenges quartiers » destinés à récompenser les espaces les mieux entretenus. L’idée est d’encourager les communautés à maintenir dans la durée les efforts d’embellissement et d’assainissement entrepris à l’occasion des Jeux.

L’école comme laboratoire du développement durable
Le programme entend également investir le milieu scolaire. Des partenariats avec les établissements doivent permettre à des entreprises, organisations et particuliers de contribuer à l’amélioration du cadre de vie des écoles.
Des challenges interclasses et inter-écoles sont également envisagés autour de la propreté, de l’organisation et de l’engagement citoyen.
Les fédérations sportives internationales sont, elles aussi, appelées à accompagner cette dynamique en soutenant certaines écoles et en favorisant l’initiation des jeunes à différentes disciplines.
Une « assemblée des jeunes », inspirée du fonctionnement des Nations unies, doit par ailleurs offrir aux jeunes Sénégalais un espace d’expression directe devant le Président de la République, afin de porter leurs préoccupations et de favoriser leur prise en compte dans l’action publique.
Sport, santé et citoyenneté
Sur le terrain de la jeunesse et du sport, Diamil Faye a annoncé plusieurs initiatives, dont des journées nationales de mobilisation et d’engagement destinées aux jeunes.
La lutte contre le dopage, la prévention de la drogue et la sensibilisation à la nutrition figurent également parmi les priorités affichées.
Un événement de grande ampleur est notamment envisagé au stade Léopold Sédar Senghor : l’organisation de la plus grande séance de gymnastique en plein air au monde, avec l’ambition de l’inscrire au Guinness World Records.
Un programme inclusif et ouvert à tous
DUNDAL JOJ se veut enfin un programme inclusif, associant filles et garçons, populations urbaines et communautés des zones les plus reculées.
L’objectif est de faire en sorte que l’élan suscité par Dakar 2026 ne reste pas concentré dans la capitale, mais irrigue l’ensemble du territoire national.
Cette volonté d’inclusion s’accompagne d’un appel aux entreprises et partenaires privés à participer au financement de l’héritage. Diamil Faye a annoncé la mise en place d’un mécanisme d’engagement et de suivi destiné à garantir la transparence dans la mobilisation et l’utilisation des contributions.
Les partenaires disposeront notamment de rapports sur l’utilisation des fonds mobilisés.

Dakar 2026 comme point de départ
À travers DUNDAL JOJ, Diamil Faye défend finalement une conception des Jeux Olympiques de la Jeunesse comme projet de transformation nationale.
Sport, éducation, environnement, culture, emploi, inclusion, santé et citoyenneté sont appelés à converger autour d’un même rendez-vous. L’ambition est de faire de Dakar 2026 non pas l’aboutissement d’un processus, mais le commencement d’une nouvelle politique de développement sportif et social.
Le pari est désormais celui de la mobilisation. Mobilisation populaire pour remplir les stades et faire vivre les Jeux dans les quartiers ; mobilisation institutionnelle pour coordonner les initiatives ; mobilisation financière pour accompagner les projets ; mais surtout mobilisation citoyenne pour que l’héritage de Dakar 2026 survive à la compétition.
À terme, l’objectif affiché est clair : faire du Sénégal une destination sportive et culturelle durable et inscrire l’héritage des JOJ dans le temps long.
