ÉDUCATION FINANCIÈRE : LE MINISTÈRE DE LA MICROFINANCE LANCE UNE CAMPAGNE NATIONALE DE SENSIBILISATION

Le ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire (MMESS) a officiellement lancé une campagne d’éducation financière grand public destinée à renforcer la culture financière des Sénégalais et à faire de l’épargne un véritable levier de développement économique. La cérémonie de lancement a été présidée par Mamadou Ndiaye, Directeur de cabinet du ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire.

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa politique d’inclusion financière. Le ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire a procédé au lancement officiel de la Campagne d’éducation financière grand public, une initiative qui ambitionne de rapprocher davantage les populations des services financiers et de favoriser l’adoption de bonnes pratiques en matière d’épargne, de gestion budgétaire et d’endettement.

Présidant la cérémonie au nom du ministre, Mamadou Ndiaye, Directeur de cabinet, a souligné l’importance stratégique de cette campagne dans la transformation des comportements financiers des populations rurales, périurbaines et urbaines.

« Cette campagne de sensibilisation grand public constitue un levier décisif pour transformer les comportements financiers des populations rurales, périurbaines et urbaines », a-t-il déclaré, avant de rappeler que le renforcement de la culture financière constitue une condition essentielle pour accroître le potentiel d’épargne du pays et le convertir en moteur de développement.

Faire de l’épargne un levier de développement

Le lancement de cette campagne intervient dans un contexte marqué par la volonté du Sénégal d’accélérer sa transformation économique et sociale à travers l’Agenda national de transformation Sénégal 2050 et sa première phase opérationnelle, la Stratégie nationale de Développement (SND) 2025-2029.

Ces orientations accordent une place importante à un développement endogène et durable, reposant notamment sur des territoires responsabilisés, viables et compétitifs et sur le renforcement de la souveraineté économique.

Dans cette dynamique, le ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire entend faire de la microfinance un instrument majeur de l’économie sociale et solidaire. L’objectif est notamment d’améliorer l’efficacité des Institutions de microfinance (IMF) et de favoriser un accès plus inclusif au financement, à travers une offre de services mieux adaptée aux besoins des populations.

Mais pour les autorités, l’accès aux services financiers ne suffit pas. Encore faut-il que les populations disposent des connaissances nécessaires pour les utiliser de manière efficace et responsable.

Un paradoxe persistant dans le secteur de la microfinance

Les chiffres présentés lors de la cérémonie illustrent l’ampleur du défi. Les dépôts dans le secteur de la microfinance sont passés de 421 milliards de FCFA en 2021 à 590,4 milliards de FCFA au début de l’année 2025, traduisant une progression notable de l’épargne mobilisée par le secteur.

Malgré cette évolution, le diagnostic fait apparaître un important déficit en matière d’épargne formelle. Selon les données évoquées lors de la cérémonie, seuls 9 % des adultes sénégalais disposent d’un compte d’épargne formel.

Pour le ministère, ce faible niveau constitue un frein à la mobilisation des ressources internes, à l’investissement local et au renforcement de la résilience financière des ménages.

La campagne lancée entend précisément agir sur ce déficit en favorisant une évolution durable des comportements financiers. L’enjeu est de permettre aux ménages, aux travailleurs, aux entrepreneurs et aux autres catégories de la population de mieux gérer leurs revenus, de planifier leurs dépenses et de développer progressivement une capacité d’épargne.

Une campagne axée sur des pratiques financières concrètes

Actuellement dans sa deuxième phase, le Programme d’Éducation Financière vise à fournir aux populations des outils pratiques leur permettant d’optimiser l’utilisation des services financiers et de mieux gérer leurs ressources.

Plusieurs thématiques seront ainsi au cœur de la campagne : la connaissance des produits et services proposés par les Institutions de microfinance, la gestion de l’endettement, la négociation financière, l’élaboration d’un budget et la construction d’un plan d’épargne.

L’approche se veut multimodale et adaptée aux différentes catégories de la population. La stratégie prévoit notamment le recours aux médias afin de toucher un public large, mais également le développement d’actions de proximité.

Ces dernières reposeront sur l’intervention de relais communautaires, considérés comme des acteurs essentiels pour vulgariser les bonnes pratiques financières au plus près des populations.

L’épargne, la gestion du budget familial et la maîtrise de la dette feront ainsi l’objet d’un travail de sensibilisation de terrain. La compréhension des services financiers et la capacité à négocier les conditions financières seront également prises en compte dans le cadre plus large de la stratégie nationale d’inclusion financière.

Les IMF au cœur de la stratégie

À travers cette campagne, le ministère entend donc agir simultanément sur la demande et l’utilisation des services financiers. Une population mieux informée et mieux formée serait davantage en mesure de choisir les produits correspondant à ses besoins, d’éviter le surendettement et de tirer pleinement profit des opportunités offertes par la microfinance.

Cette démarche s’inscrit dans l’objectif stratégique du MMESS de renforcer la microfinance en tant que levier de l’économie sociale et solidaire, tout en favorisant une plus grande inclusion financière.

À terme, l’ambition est de créer un cercle vertueux : une meilleure culture financière doit favoriser davantage d’épargne, une épargne mieux structurée doit soutenir l’investissement et l’investissement doit contribuer à renforcer la résilience et le développement des territoires.

Une mobilisation institutionnelle saluée

Dans son discours, Mamadou Ndiaye a également salué le travail accompli par le Directeur de la Microfinance et de l’Inclusion Financière (DMIF) et la Directrice du Fonds d’Impulsion de la Microfinance (FIMF), dont la synergie a permis la mise en œuvre de cette campagne.

La conception de l’initiative a par ailleurs bénéficié de l’expertise de deux spécialistes du Cabinet Imagine, présentés comme des experts reconnus dans leur domaine.

Pour les autorités, la réussite de cette campagne dépendra désormais de sa capacité à atteindre effectivement les populations ciblées et à provoquer des changements durables dans leurs pratiques quotidiennes.