EXÉCUTIF-LÉGISLATIF : SERIGNE GUÈYE DIOP CONSTATE UNE NORMALISATION DES RELATIONS

Les rapports entre l’Exécutif et le Législatif semblent s’inscrire dans une nouvelle dynamique, marquée par davantage d’apaisement et de coopération institutionnelle. C’est le constat dressé par Serigne Guèye Diop, ministre de l’Industrie et du Commerce et membre fondateur du Parti Kiiraay – Les Patriotes Républicains, qui estime que les relations entre le gouvernement et l’Assemblée nationale se normalisent progressivement.

« Je dois dire que les relations se normalisent », a déclaré le ministre, soulignant que cette évolution était perceptible avant même la Déclaration de politique générale du Premier ministre. Selon lui, le fonctionnement des institutions se déroule désormais de manière plus régulière, comme en témoigne, notamment, l’examen et l’adoption des projets de loi déposés par le gouvernement.

Une accalmie institutionnelle saluée par le ministre

Lors de son intervention dans l’émission « En Vérité » de RSI, Serigne Guèye Diop s’est également arrêté sur la séquence de la Déclaration de politique générale du Premier ministre, qu’il présente comme un autre indicateur de cette accalmie. Il relève notamment que l’Assemblée nationale n’a pas posé d’acte qu’il qualifie d’hostile à l’endroit du gouvernement, citant en particulier l’absence de motion de censure.

Pour le ministre, cette évolution correspond à ce que les Sénégalais sont en droit d’attendre de leurs institutions : un fonctionnement régulier des pouvoirs publics, dans un climat apaisé et respectueux des prérogatives de chacun.

« Voilà ce que nous souhaitons, que tout marche bien. Que les relations entre l’Exécutif et le Législatif soient dans la paix parce que c’est ce que les Sénégalais attendent de nous », a-t-il insisté.

Cette volonté d’apaisement est d’autant plus nécessaire, à ses yeux, que le pays fait déjà face à des difficultés économiques. Dans ce contexte, l’apparition d’une crise institutionnelle viendrait, selon lui, ajouter une source supplémentaire de tension à une situation déjà délicate.

« Déjà, il y a une crise économique, en ajouter une autre crise institutionnelle serait de trop », a-t-il fait valoir.

Les JOJ en ligne de mire

Le ministre inscrit également cette recherche de stabilité dans la perspective des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), dont le Sénégal sera l’hôte. L’événement, qui placera le pays sous le regard de la communauté internationale, impose selon lui une responsabilité particulière aux acteurs politiques et institutionnels.

« Nous avons en perspective les JOJ, les yeux fixés sur le Sénégal, nous ne pouvons que d’être exemplaires », a-t-il déclaré.

Pour autant, cette recherche d’apaisement ne signifie pas, à ses yeux, un effacement des prérogatives constitutionnelles de l’une ou l’autre des institutions. Serigne Guèye Diop défend au contraire une articulation entre action gouvernementale et contrôle parlementaire, dans le respect des règles du jeu institutionnel.

« Chacun peut quand même faire son travail, que ce soit le gouvernement avec le déroulement de sa politique et le législatif dans son contrôle gouvernemental, tout restant poli et correct », a-t-il résumé.

Une conception qui repose donc sur une distinction claire des rôles : à l’Exécutif la conduite de la politique gouvernementale, au Parlement le contrôle de l’action du gouvernement, les deux devant s’exercer sans que le désaccord politique ne dégénère en confrontation institutionnelle.

Du discours sur la dissolution à l’appel à l’apaisement

Cette nouvelle lecture des relations entre les deux pouvoirs conduit également Serigne Guèye Diop à revenir sur une déclaration antérieure, dans laquelle il avait appelé le chef de l’État à envisager la dissolution de l’Assemblée nationale le 2 décembre 2026.

Le ministre tient aujourd’hui à replacer cette prise de position dans le contexte politique dans lequel elle avait été formulée. Il explique qu’à cette période, les rapports entre le gouvernement et la majorité parlementaire étaient, selon lui, caractérisés par une forte défiance et des affrontements récurrents autour des textes soumis à l’examen de l’Assemblée.

« Y avait une sorte de guéguerre qui était là à chaque fois que le Président de la République proposait un texte », a-t-il rappelé.

C’est dans ce contexte, précise-t-il, qu’il avait défendu l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale. « Dans ce contexte, je disais que si ça continue comme ça, le chef de l’État doit dissoudre l’Assemblée nationale », a-t-il expliqué.

Mais, à ses yeux, la situation a depuis évolué. Le comportement de l’Assemblée nationale ne serait plus marqué par la même logique de confrontation, ce qui rendrait moins pertinente la position qu’il défendait alors.

« Mais aujourd’hui, il y a évolution ; l’Assemblée nationale n’est plus dans cette démarche donc il faut qu’on avance d’autant plus qu’il y a équilibre », a-t-il ajouté.

« Une déclaration politique qu’il faut laisser dans son contexte »

En revenant sur cet épisode, le ministre entend ainsi dissocier sa position actuelle de ses prises de parole antérieures. Il invite à considérer celles-ci à la lumière des circonstances politiques qui prévalaient au moment où elles ont été formulées.

« C’était une déclaration politique qu’il faut laisser dans son contexte », a-t-il conclu.