Après une longue période de pause, le groupe théâtral Soleil Levant signe son retour sur la scène audiovisuelle avec Sélébé Yone, les larmes des émigrés, une nouvelle série qui sera diffusée sur la RTS. Présentée lors d’une cérémonie officielle, la production entend conjuguer divertissement, éducation et réflexion sur les réalités liées à l’émigration et aux perspectives offertes aux jeunes au Sénégal.
Pour les membres de Soleil Levant, cette nouvelle œuvre marque surtout le retour d’une troupe qui a profondément marqué le théâtre sénégalais. Samba Ndiaye, alias Moudou Khoulé dans la série, a assuré que cette absence des écrans ne signifiait nullement la disparition du groupe.
« Cela ne voulait pas dire que notre maison était fermée. Au contraire, on avait fait une petite pause et on travaillait », a-t-il expliqué.
Soleil Levant veut renouer avec son public
Pour Samba Ndiaye, Sélébé Yone permettra aux téléspectateurs de retrouver une production à la fois thématique, éducative et destinée au grand public.
Il rappelle que le théâtre a toujours eu, selon lui, une fonction d’instruction et d’éducation. « Le théâtre a pour rôle d’instruire et d’éduquer », a-t-il déclaré, en soulignant que Soleil Levant constitue depuis longtemps une véritable école pour les artistes et le public.
Le comédien estime que le groupe a également un devoir envers le public sénégalais qui l’a accompagné au fil des années.
« Soleil Levant a un devoir vis-à-vis du peuple sénégalais. Parce que ce peuple l’a adopté », a-t-il affirmé.
Après les bandes-annonces de Yadikoon et Ndari, ainsi que d’autres projets annoncés, il assure que la troupe entend continuer à proposer des productions à la hauteur des attentes de son public.
« Les Sénégalais doivent s’attendre à du beau, à du spectacle, à du théâtre », a-t-il lancé.

Une série présentée comme une réflexion sur l’émigration
Du côté de la RTS, cette nouvelle production est également perçue comme une œuvre porteuse d’un message citoyen.
Pape Mady Diop, directeur de la télévision et représentant le directeur général de la RTS à la cérémonie, a rappelé la mission de service public de la chaîne nationale et l’importance de cette collaboration avec Soleil Levant et les producteurs de Leuz.
Composée de 50 épisodes, Sélébé Yone, également présentée sous le titre Les larmes des émigrés, est, selon lui, « une série à la croisée des chemins ».
Il la présente comme « une leçon de morale » et « une production de citoyenneté », mais aussi comme une production « républicaine ».
Sans dévoiler le contenu de la série, Pape Mady Diop estime qu’elle invite les Sénégalais à réfléchir à la possibilité de réussir au pays.
« On peut rester dans ce pays et réussir », a-t-il souligné, évoquant les aspirations au voyage, la recherche de réussite et les différentes possibilités offertes au Sénégal à travers les initiatives individuelles, privées et publiques.
Il a notamment fait référence aux politiques et programmes publics destinés à favoriser l’employabilité des jeunes.
Pour lui, la série peut ainsi contribuer à nourrir le débat sur les choix de vie et les perspectives offertes à la jeunesse.

Le ministère de la Culture réaffirme son soutien
Représentant la ministre en charge de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique, sa conseillère technique Sira Ba a salué l’initiative de Soleil Levant.
Elle a rappelé que la ministre avait récemment reçu l’équipe de production dans le cadre de sa démarche de proximité avec les acteurs culturels.
Selon Sira Ba, la ministre s’est particulièrement intéressée à la vision artistique portée par l’équipe et à son engagement en faveur du développement de la production audiovisuelle au Sénégal.
Empêchée d’assister à la cérémonie, elle a chargé sa représentante de transmettre à l’équipe de production ses félicitations, sa sympathie et son engagement à l’accompagner dans le développement de ses activités.
Les industries créatives comme levier de développement
Sira Ba a inscrit cette initiative dans la vision des autorités sénégalaises visant à faire des industries culturelles et créatives des moteurs de développement économique et social.
Elle a notamment évoqué les ambitions du président de la République en matière de développement des industries créatives, avec l’objectif d’en faire des secteurs capables de contribuer à la croissance, à la création d’emplois et au développement économique.
Le ministère chargé de la Culture dispose, selon elle, de mécanismes destinés à accompagner l’écosystème cinématographique et audiovisuel.
Elle a également salué le travail de l’UFOPICA, présentée comme partenaire du projet, ainsi que l’ensemble des acteurs qui contribuent au développement de cette industrie.

De la scène au petit écran
Pour la représentante du ministère, le parcours de Soleil Levant illustre également une évolution du paysage artistique sénégalais.
Après avoir contribué aux grandes heures du théâtre national, la troupe investit désormais le secteur de la production audiovisuelle.
« Ils ont fait les beaux jours du théâtre sénégalais. Aujourd’hui ils ont migré vers la production audiovisuelle », a-t-elle relevé, estimant que les pouvoirs publics se doivent d’accompagner cette nouvelle étape.

La diffusion de Sélébé Yone sur la RTS constitue, à ses yeux, un élément important de cette dynamique. Elle considère en effet que la diffusion demeure l’un des principaux défis de l’industrie cinématographique et audiovisuelle sénégalaise.
L’implication de la télévision publique dans ce projet pourrait ainsi contribuer à renforcer la visibilité des productions nationales et à élargir leur accès au public.
