Après deux années passées auprès du ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Souveraineté alimentaire, Dr Alpha Ba dit quitter ses fonctions avec davantage « le sentiment du devoir accompli que du goût inachevé ». Invité de l’émission En Vérité de RSI, l’ancien Secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement paysan est revenu sur les principales actions qu’il considère comme les marqueurs de son passage au département.
Parmi les dossiers mis en avant figure la réforme de la Loi d’Orientation Agro-Sylvo-Pastorale et Halieutique (LOASPH). Dr Alpha Ba cite notamment la première session du Conseil supérieur d’orientation agro-sylvo-pastorale (CSOASP), tenue en octobre 2025, qu’il présente comme une étape importante dans le dialogue entre l’État et les acteurs du monde rural.
Selon lui, cette rencontre a permis aux représentants du monde rural de porter directement leurs préoccupations devant le président de la République. Il y voit également l’expression de l’attention accordée aux acteurs du secteur agricole et pastoral.
LA RÉVISION DE LA LOASPH AU CŒUR DU BILAN
L’ancien Secrétaire d’État insiste sur le caractère historique de cette session, organisée, selon ses propos, vingt ans après l’adoption de la Loi d’Orientation Agro-Sylvo-Pastorale et Halieutique. La rencontre avait notamment permis de présenter une version révisée du texte, avec l’objectif de l’adapter aux nouveaux enjeux liés au développement durable, à la souveraineté alimentaire et à la modernisation de l’agriculture.
Dr Alpha Ba met particulièrement en avant la démarche suivie pour cette révision. Il estime que le processus s’est voulu « participatif, inclusif et transparent », avec l’implication des différentes composantes du monde rural.
À ses yeux, cette dynamique devait permettre de faire de la future loi un cadre juridique et stratégique adapté aux mutations du secteur. Il évoque ainsi l’ambition d’asseoir une agriculture « moderne, équitable et résiliente », en cohérence avec les orientations générales de développement économique et social du Sénégal.
LA RÉORGANISATION DES INTERPROFESSIONS AGRICOLES
Dans le bilan qu’il dresse de son passage au ministère, Dr Alpha Ba évoque également la réorganisation des interprofessions agricoles. Il présente ce chantier comme l’un des axes importants de son action en faveur d’une meilleure structuration des filières.
L’objectif, selon lui, était notamment de renforcer l’organisation des acteurs et de favoriser une meilleure coordination au sein des différentes filières agricoles. Cette démarche devait contribuer à donner davantage de lisibilité et de cohérence à la représentation des producteurs et des autres acteurs du secteur.
FORMALISATION DES ORGANISATIONS PAYSANNES
Autre volet mis en avant : l’immatriculation et la formalisation des organisations paysannes. Dr Alpha Ba souligne l’importance de leur reconnaissance par l’État, notamment pour permettre aux organisations concernées de disposer d’un cadre formel et d’être mieux identifiées dans le dispositif institutionnel.
À travers cette démarche, l’ancien responsable estime avoir contribué à une meilleure harmonisation du secteur et à une reconnaissance plus structurée des organisations représentant les producteurs.
Au terme de ces deux années auprès du ministre Dr Mabouba Diagne, Dr Alpha Ba revendique ainsi un bilan qu’il juge globalement satisfaisant. Entre réforme du cadre juridique, dialogue avec le monde rural, réorganisation des interprofessions et formalisation des organisations paysannes, il estime avoir contribué, à son niveau, à la transformation et à une meilleure structuration du secteur agricole sénégalais.
