La Fédération sénégalaise de football (FSF) a désamorcé une crise qui menaçait le corps arbitral en procédant au décaissement de 99 millions de FCFA pour apurer une partie des arriérés d’honoraires. Une mesure qui a permis d’éviter un mouvement de contestation, comme l’ont rapporté nos confrères du site DSports.
Selon les informations relayées par DSports, la dette cumulée envers les arbitres dépasserait les 200 millions de FCFA, couvrant les compétitions de Ligue 1, Ligue 2, Nationale 1 et Nationale 2. Depuis la saison dernière, plusieurs officiels continuaient d’assurer les rencontres sans percevoir leurs indemnités, une situation devenue difficilement soutenable. Certains arbitres peinaient même à financer leurs déplacements vers les régions, alimentant une grogne persistante dans les coulisses.
Face à cette tension, le président de la Commission centrale des arbitres (CCA), Malang Diédhiou, également membre du comité exécutif de la FSF, est monté en première ligne. Dans une communication adressée aux responsables régionaux de l’arbitrage, il a plaidé pour la patience, invoquant un contexte fédéral marqué par la transition institutionnelle, les suites de la CAN et divers contentieux administratifs.
99 millions pour calmer la pression
Toujours d’après DSports, Malang Diédhiou aurait même évoqué en interne la possibilité de ne plus couvrir certaines rencontres en cas de statu quo. Quelques jours plus tard, une première avancée concrète a été enregistrée avec le décaissement de 99 millions de FCFA. Dans le détail, 52 millions sont destinés aux compétitions amateurs (Nationale 1 et Nationale 2), tandis que 47 millions couvrent les matchs du secteur professionnel (Ligue 1 et Ligue 2).
Un débat structurel en toile de fond
Au-delà de ce règlement partiel, un autre chantier agite les instances. La FSF envisagerait, selon les mêmes sources, de ne plus assumer à l’avenir le paiement des arbitres pour les compétitions professionnelles. Une option qui reviendrait à restaurer le schéma initial du professionnalisme, où la Ligue sénégalaise de football professionnel (LSFP) prenait en charge ces dépenses.
Ce système était en vigueur jusqu’en 2018, avant que les difficultés financières de la Ligue pro ne contraignent la FSF à intervenir pour éviter l’arrêt des compétitions. La nouvelle équipe fédérale souhaiterait désormais revenir à cette organisation d’origine.
Une équation financière sensible
Reste une inconnue majeure : la LSFP dispose-t-elle aujourd’hui des marges nécessaires pour assumer de nouveau cette charge ? Le paiement des arbitres représente un poste budgétaire conséquent dans un environnement marqué par la faiblesse des droits TV, un sponsoring limité et des recettes de billetterie irrégulières.
Si la fédération accélère son désengagement, le risque serait de voir ressurgir une nouvelle crise, cette fois entre la Ligue pro et le corps arbitral. Pour l’instant, la FSF a réussi à contenir l’urgence. Mais comme le soulignent nos confrères de DSports, le dossier de l’arbitrage sénégalais reste structurellement fragile et dépendra des arbitrages institutionnels à venir.
