CANDIDATURE DE MACKY SALL À L’ONU : ALIOUNE TINE APPELLE À DÉPASSER LES CLIVAGES INTERNES

Invité de l’émission En Vérité sur Radio Sénégal, le président d’AFRICAJOM Center, Alioune Tine, s’est exprimé sur la candidature de l’ancien président Macky Sall à une haute fonction internationale au sein des Nations unies, une perspective qui suscite déjà de vives controverses au Sénégal.

Selon Alioune Tine, les réticences exprimées par une partie de l’opinion nationale peuvent se comprendre au regard des tensions politiques internes et des débats encore vifs autour de la gouvernance passée. Toutefois, il invite à la retenue et à une lecture plus large de la situation. « Nous avons nos problèmes domestiques, avec leurs effets et conséquences, mais il faut aussi regarder l’autre versant : celui de l’Afrique et du regard international », a-t-il souligné.

Pour étayer son propos, Alioune Tine a rappelé un précédent diplomatique marquant : la candidature d’Abdou Diouf à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie. À l’époque, le président Abdoulaye Wade, récemment élu, n’y était pas initialement favorable. « Finalement, le soutien international s’est imposé, et Abdou Diouf a été élu », a-t-il rappelé, soulignant que les dynamiques diplomatiques dépassent souvent les considérations politiques internes.

Abordant le rôle du président Bassirou Diomaye Faye, Alioune Tine a estimé que les questions diplomatiques majeures ne doivent pas être négligées, même en période de transition politique. Il a notamment évoqué le silence autour d’une correspondance adressée au chef de l’État par le poète Amadou Lamine Sall sur des enjeux liés à la Francophonie, appelant à une plus grande attention portée aux dossiers internationaux.

Concernant Macky Sall, Alioune Tine distingue clairement le débat national du bilan international. « Il y a le Macky local et le Macky international », a-t-il expliqué, reconnaissant que, malgré les critiques internes, l’ancien chef de l’État a joué un rôle important sur la scène diplomatique africaine. Il lui attribue notamment une contribution majeure à l’entrée de l’Afrique au G20, un acquis salué au niveau international.

Pour le président d’AFRICAJOM Center, les arguments avancés à l’extérieur reposent aussi sur l’image démocratique du Sénégal : alternance politique, respect des règles constitutionnelles et organisation d’élections jugées transparentes. « Ces éléments comptent beaucoup dans le regard international », a-t-il insisté.

Alioune Tine estime que si l’Afrique venait à désigner Macky Sall comme candidat consensuel, le Sénégal devrait, au nom de la solidarité continentale et de l’intérêt diplomatique, soutenir cette candidature. « Il faut aller au-delà des conflits locaux et se projeter au niveau international », a-t-il conclu.