Invité de l’émission En Vérité, le directeur exécutif de la COSYDEP, Cheikh Mbow, s’est exprimé sur la crise qui secoue l’école sénégalaise, marquée ces derniers jours par des ponctions sur les salaires des enseignants grévistes. Une décision qui, selon lui, risque d’envenimer davantage la situation.
Interrogé sur la légalité de ces ponctions, il reconnaît que l’État agit sur la base des textes, tout comme les syndicats invoquent leur droit de grève. « Le droit est important et doit être respecté. Mais le droit ne règle pas tout. Il faut aussi tenir compte du contexte et des conséquences », a-t-il déclaré.
Pour Cheikh Mbow, la confrontation entre le droit de grève et le droit de l’État de ne pas payer les jours non travaillés ne doit pas occulter l’essentiel : l’impact sur les élèves et sur le fonctionnement du système éducatif.
Selon lui, la mesure pourrait produire l’effet inverse de celui recherché. « Beaucoup d’enseignants qui n’étaient pas en grève ont rejoint le mouvement après les ponctions », affirme-t-il, évoquant un risque de radicalisation des deux camps.
À ses yeux, cette escalade pourrait conduire à un blocage durable du système, alors que l’année scolaire est déjà bien avancée. « Il nous reste deux à trois mois. À terme, cela pourrait nous mener vers une année blanche ou une année invalide. Et seuls les enfants en seraient les perdants », avertit-il.
Le directeur exécutif de la COSYDEP appelle ainsi les autorités à « calmer le jeu » et à envisager un retour en arrière sur les ponctions afin de favoriser un climat de décrispation.
Il exhorte également syndicats et gouvernement à privilégier le dialogue et à placer l’avenir des enfants et du pays au-dessus des positions de principe. « La radicalisation des deux parties n’est bénéfique pour personne. Il faut retrouver la sérénité et mettre en avant l’avenir du Sénégal », conclut-il.
