CRISE SCOLAIRE : CHEIKH MBOW DÉNONCE LES « PARADOXES » DU SYSTÈME ÉDUCATIF

Invité de l’émission En Vérité, le directeur exécutif de la COSYDEP, Cheikh Mbow, a livré une analyse sans détour de la crise qui secoue l’école sénégalaise. Selon lui, le système éducatif national est traversé par de nombreux paradoxes qui alimentent des crises devenues cycliques.

Pour Cheikh Mbow, le premier paradoxe réside dans le niveau d’investissement consenti par l’État. « Le Sénégal fait partie des pays qui mettent le plus de ressources dans l’éducation, mais nous sommes parmi les derniers en termes de performance et de résultats », a-t-il souligné.

Il pointe également un déficit d’enseignants, un manque criant de salles de classe et la persistance d’abris provisoires ne répondant pas aux normes. À cela s’ajoute le fait que près d’1,5 million d’enfants restent en dehors du système scolaire, malgré les moyens engagés.

Autre paradoxe évoqué : l’abondance d’alertes. Presse, société civile et syndicats multiplient les signaux d’alarme, offrant selon lui l’opportunité de corriger les dysfonctionnements à temps. Pourtant, les crises se répètent.

« L’un des problèmes majeurs est que l’on privilégie la réaction plutôt que l’anticipation », explique-t-il. Pour sortir de ce cycle, il appelle à la mise en place d’un véritable dispositif d’alerte et d’analyse permettant d’exploiter les signaux venus des différents acteurs du secteur.

Dans cette optique, la COSYDEP a lancé la campagne « Non vacances pour l’école », visant à utiliser les trois mois de pause scolaire comme un cadre de concertation pour diagnostiquer les difficultés et bâtir un consensus minimal.

Cheikh Mbow invite ainsi le gouvernement à institutionnaliser un mécanisme permanent de réception et de traitement des alertes, afin de prévenir les crises au lieu de les subir. Pour lui, seule une approche fondée sur l’anticipation, le dialogue et la cohérence des politiques publiques permettra de stabiliser durablement l’école sénégalaise.