Le député Abdoul Ahad Ndiaye a posé les termes d’un débat désormais central : celui de la souveraineté numérique. Intervenant vendredi lors d’une session de formation de haut niveau, il a soutenu que la puissance des États se joue aujourd’hui dans le cyberespace, appelant à une réponse continentale structurée autour de la cybersécurité, de la cyberdéfense et de la cyberdiplomatie.
Prenant la parole dans le cadre d’un programme organisé par École nationale de cybersécurité à vocation régionale, le parlementaire a insisté sur la nécessité pour les pays africains de changer de posture face au numérique. « Nous ne devons plus subir le numérique, mais l’anticiper et le maîtriser en le sécurisant », a-t-il déclaré, évoquant les bases d’une « intelligence africaine collective ».
Au cœur de son intervention, un constat : la question de la protection des données dépasse désormais le cadre technique pour s’imposer comme un enjeu éminemment politique. Dans un environnement marqué par des cyberattaques « rapides, sophistiquées et transfrontalières », les réponses isolées apparaissent inopérantes. D’où l’urgence, selon lui, d’une coordination à l’échelle du continent.
Le député a également alerté sur le décalage croissant entre l’évolution des technologies et les cadres juridiques en vigueur. Il appelle ainsi à l’élaboration de dispositifs législatifs capables de suivre le rythme de l’innovation, tout en garantissant la protection des citoyens et des infrastructures critiques.
Dans cette dynamique, Abdoul Ahad Ndiaye préconise un alignement stratégique des États africains, afin de parler d’une même voix sur les questions numériques et de transformer ces enjeux en véritables leviers de souveraineté. « Aucun État ne peut, à lui seul, faire face à ces menaces », a-t-il souligné.
Enfin, il a exhorté les pays du continent à renforcer leur positionnement dans la gouvernance mondiale du numérique, à travers des partenariats structurants avec les acteurs internationaux.
Cette formation, qui a réuni hauts fonctionnaires, officiers supérieurs et décideurs publics de plusieurs pays africains, visait précisément à renforcer les capacités d’anticipation, de décision et d’influence des États dans le champ stratégique de la cyberdiplomatie, un terrain désormais incontournable dans les rapports de puissance contemporains.
