ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR : UN COMITÉ DE DIALOGUE INSTALLÉ POUR DÉSAMORCER LES TENSIONS

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, a procédé jeudi à Dakar à l’installation officielle du comité du dialogue national de l’enseignement supérieur. Cette nouvelle instance consultative a pour mission prioritaire d’instaurer un climat de paix sociale dans un sous-secteur régulièrement secoué par des tensions.

La cérémonie s’est tenue en présence du président du Haut conseil du dialogue social, Mamadou Lamine Dianté. Le comité est présidé par le professeur Lamine Gueye, ancien recteur d’universités publiques et actuel recteur de l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba. Il aura la lourde responsabilité de coordonner les échanges entre les différentes parties prenantes du système universitaire.

Dès son installation, le professeur Gueye a insisté sur l’urgence d’un sursaut collectif. Selon lui, malgré les efforts consentis ces dernières années, l’enseignement supérieur sénégalais peine encore à exploiter pleinement son potentiel pour contribuer efficacement au développement national. D’où la nécessité de formuler des propositions concrètes pour améliorer la gouvernance du secteur.

Au cœur de cette démarche, la reconstruction de la confiance entre acteurs. Le président du comité a plaidé pour un climat social apaisé, basé sur le respect mutuel des droits des différentes composantes de la communauté universitaire, tout en gardant l’intérêt supérieur du système éducatif comme boussole des décisions.

La mise en place de cette structure intervient dans un contexte particulièrement sensible. Elle fait suite à plusieurs années de tensions marquées par des crises récurrentes, parfois violentes. Plus récemment, la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, le 9 février à l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, lors d’affrontements liés à la réforme des bourses, a ravivé les inquiétudes autour du climat dans les campus.

Pour le ministre Daouda Ngom, ce comité doit jouer un rôle central dans la prévention et la gestion des conflits. Il est appelé à devenir un levier stratégique de consolidation de la paix sociale dans les universités publiques, en favorisant un dialogue constructif, sincère et responsable entre les acteurs.

Composé de dix-huit membres, le comité rassemble des représentants de l’administration centrale, des établissements publics d’enseignement supérieur, des centres des œuvres universitaires, des personnels d’enseignement et de recherche, des personnels administratifs ainsi que des amicales étudiantes. Chaque entité dispose de trois représentants, dans une logique d’équilibre.

Institué par arrêté ministériel en date du 19 février, le comité exercera un mandat consultatif de trois ans, renouvelable une fois. Reste désormais à savoir si ce nouveau cadre de concertation parviendra à instaurer durablement un dialogue apaisé dans un secteur où les attentes restent fortes.