La mécanique sécuritaire des JOJ Dakar 2026 entre dans une phase opérationnelle. Le Coordonnateur du Comité national de coordination de la sécurité des Jeux (CNSJOJ) a multiplié, le 24 mars, les consultations de haut niveau, successivement avec le Chef d’État-Major général des Armées et la Direction générale de la Police nationale. Objectif : consolider une doctrine commune et affiner les articulations entre forces.
Les Armées, socle stratégique du dispositif
Reçu par le Vice-amiral d’escadre Omar Wade, le Coordonnateur a salué « l’engagement précoce et structurant » des Forces armées sénégalaises dans la planification sécuritaire. Une implication jugée déterminante, tant elle irrigue les segments critiques du dispositif.
Au cœur des priorités :
- La surveillance de l’espace aérien, avec un accent particulier sur la lutte anti-drones, devenue un enjeu majeur dans les grands événements internationaux ;
- La sécurisation maritime, dans un contexte géographique sensible autour de la presqu’île du Cap-Vert ;
- Le renseignement, la cybersécurité et le soutien logistique, où l’expertise militaire constitue un levier décisif.
Cette approche multidimensionnelle positionne clairement les Armées comme un pivot opérationnel, en appui des forces de sécurité intérieure.
Police nationale : maîtrise des flux et sécurité urbaine
Dans la continuité, le Coordonnateur s’est rendu à la Direction générale de la Police nationale pour une séance de travail élargie à l’ensemble des directeurs. Une configuration qui traduit, en creux, le niveau de priorité accordé à l’événement.
La Police nationale est appelée à jouer un rôle central, notamment sur trois axes structurants :
- Le contrôle aux frontières, via la Police de l’Air et des Frontières, en première ligne pour gérer l’arrivée massive de délégations, officiels et médias ;
- La sécurisation des zones urbaines et des sites, avec une gestion fine des flux de spectateurs ;
- L’encadrement de la sécurité privée, appelée à intervenir en complément des forces publiques, sous supervision stricte.
La question du filtrage en amont des menaces, à travers des procédures d’accréditation renforcées et des contrôles coordonnés, a été au centre des échanges.
Formation et interopérabilité : le nerf de la guerre
Autre chantier prioritaire : le renforcement des capacités. La Police nationale devra adapter ses standards aux exigences d’un événement olympique, notamment en matière de : gestion de foules multinationales, protocoles internationaux, communication interservices et cybersécurité.
Un investissement qui dépasse le seul cadre des JOJ, avec des retombées attendues sur la sécurité publique à long terme.






Vers un commandement unifié
Au-delà des spécificités de chaque corps, la doctrine repose sur une synergie opérationnelle totale entre les Forces armées, la Police, la Gendarmerie et les Sapeurs-pompiers. La mise en place d’un commandement unifié et de mécanismes de liaison permanents apparaît comme la clé de voûte du dispositif.
Ces différentes séquences institutionnelles traduisent une montée en puissance maîtrisée et coordonnée. Elles confirment surtout une volonté politique claire : faire de la sécurité des JOJ Dakar 2026 une priorité nationale. À l’approche de ce rendez-vous historique, les premiers Jeux olympiques organisés sur le sol africain, le Sénégal mise sur une architecture sécuritaire robuste, intégrée et anticipative. Un signal fort adressé à la communauté internationale.
