Le président de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), Mamadou Diagne, a appelé mardi les professionnels des médias à davantage de responsabilité dans l’exercice de la liberté de la presse, en particulier lors des débats télévisés, afin d’éviter des poursuites judiciaires.
S’exprimant à l’ouverture d’un atelier de formation de trois jours réunissant des journalistes venus des 14 régions du pays, il a déploré la multiplication des convocations de journalistes par la justice, souvent consécutives à des prises de parole. Il a insisté sur la nécessité d’intégrer la notion de responsabilité éditoriale dans les interventions médiatiques.
Selon lui, certains intervenants présents sur les plateaux agissent sous influence d’intérêts politiques ou économiques, se permettant des accusations sans fondement avant de solliciter l’appui d’organisations professionnelles. Une posture qui, a-t-il prévenu, expose leurs auteurs à des risques judiciaires et fragilise la crédibilité du métier.
Cette session de formation, consacrée à la collecte et au suivi de données fiables sur les violations de la liberté de la presse, s’inscrit dans un programme conduit par Reporters sans frontières (RSF) pour l’Afrique subsaharienne. La cheffe de projet, Ndèye Diary Ba, a indiqué que l’initiative, prévue sur trois ans avec l’appui d’un partenaire allemand, s’articule autour de trois axes.
Le premier concerne la protection des journalistes, avec la création d’un réseau de points focaux régionaux chargés de remonter les informations sur les atteintes à la liberté de la presse afin de faciliter des réponses rapides.
Le deuxième axe porte sur le plaidoyer. Les données collectées permettront d’alimenter un rapport national sur l’état de la liberté de la presse et de soutenir des actions de sensibilisation auprès des autorités locales.
Le troisième volet vise le renforcement des capacités, notamment en matière de sécurité physique et numérique. Des formateurs seront outillés pour relayer ces compétences dans les régions et mieux préparer les journalistes aux risques du terrain.
Ndèye Diary Ba a enfin rappelé la dégradation du classement du Sénégal dans l’indice mondial de la liberté de la presse de RSF, passé de la 48e à la 94e place ces dernières années, plaidant pour un sursaut collectif en faveur de la protection et de la professionnalisation du secteur.
