LUTTE CONTRE LA CORRUPTION ROUTIÈRE : 2 500 BODYCAMS BIENTÔT DÉPLOYÉES

Le gouvernement franchit un nouveau cap dans la modernisation des forces de sécurité. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a annoncé l’introduction prochaine de 2 500 caméras piétons (bodycams) au sein des unités chargées de la régulation de la circulation routière. Une mesure présentée comme un levier décisif dans la lutte contre la corruption et les bavures policières.

S’exprimant mercredi lors de la plénière de l’Assemblée nationale, consacrée à l’examen d’un projet de loi visant à professionnaliser davantage le secteur de la sécurité privée, le ministre a indiqué avoir donné instruction, dès sa prise de fonction, d’équiper l’ensemble des unités déployées sur la voie publique.

« À mon arrivée, j’ai demandé que toutes les unités en charge de la circulation soient dotées de bodycams. Nous en avons commandé 2 500 qui seront livrées incessamment », a-t-il déclaré devant les députés.

Au-delà de ces caméras portables, le département de l’Intérieur dispose déjà de plus de 200 PDA (Personal Digital Assistant), des terminaux numériques combinant des fonctions de communication et de gestion des contraventions. Ces appareils sont utilisés dans le cadre de la dématérialisation des procédures et du paiement direct des amendes au Trésor public.

Selon le ministre, la combinaison des bodycams et des PDA devrait permettre de « régler définitivement » la question de la corruption routière. « Il n’y aura plus de corruption parce que les auteurs seront filmés », a-t-il affirmé, estimant que la traçabilité des interventions et la suppression du contact financier direct entre l’agent et le contrevenant constituent des garanties majeures de transparence.

Le système envisagé prévoit en effet que le paiement des amendes s’effectue directement au compte du Trésor, réduisant ainsi les risques de transactions informelles. Une réforme qui, d’après le ministre, contribuera également à renforcer les recettes publiques grâce à un mécanisme de perception plus rigoureux et transparent.

La police et la gendarmerie bénéficieront également de ces caméras piétons. À cet effet, le ministre a indiqué avoir saisi le ministère des Finances pour accompagner le déploiement de ce dispositif technologique, inscrit dans une dynamique plus large de modernisation et de professionnalisation des forces de sécurité.