PACTE NATIONAL DE STABILITÉ SOCIALE : LE GOUVERNEMENT VALIDE 13 MESURES POUR RELANCER LE DIALOGUE ET CONTENIR LES TENSIONS

Le gouvernement resserre son dispositif pour contenir les tensions sociales et soutenir une croissance inclusive. Réuni mardi à la Primature, le comité de pilotage du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable (PNSS-CID) a validé 13 mesures et orientations stratégiques.

Présidée par le Premier ministre Ousmane Sonko, la rencontre a rassemblé les ministères sectoriels, les organisations patronales et les centrales syndicales, dans une logique de consolidation du dialogue tripartite engagé depuis mai 2025.

Dans un contexte de crispations sociales, notamment dans la santé et l’éducation, le chef du gouvernement a tenu un discours de vérité aux partenaires sociaux. Sur la question hautement sensible de la réforme du système de rémunération, Ousmane Sonko a appelé à la lucidité. « Un chantier aussi important que la révision du système de rémunération ne peut pas se faire en un an ou en six mois. Mais chacun de nos engagements sera respecté », a-t-il affirmé. Une posture qui vise à contenir les attentes immédiates sans renier les engagements structurels de l’État.

Réformes structurantes et relance du dialogue social

Parmi les mesures entérinées, l’exécutif met l’accent sur la mobilisation des ressources pour exécuter le plan d’action du Pacte, ainsi que sur l’accélération de l’adoption des nouveaux Code du travail et Code de la sécurité sociale.

Le gouvernement entend également redynamiser la négociation collective. Il est notamment prévu de réactualiser les conventions devenues obsolètes et d’étendre la couverture conventionnelle aux secteurs qui en sont encore dépourvus. En parallèle, un effort particulier sera consenti pour renforcer les capacités des partenaires sociaux et des acteurs publics en matière de dialogue social.

Un dispositif de suivi renforcé

Pour garantir l’effectivité des engagements, le ministère du Travail devra produire des rapports trimestriels sectoriels. Des comités de dialogue social seront également installés dans les ministères, les structures publiques et parapubliques ainsi que dans les branches professionnelles.

Chaque ministère est, en outre, instruit de finaliser l’audit biométrique de la fonction publique. De son côté, le ministère des Finances devra accélérer la réforme du système de retraite, en s’appuyant sur les conclusions des concertations tripartites.

Priorités sectorielles et exigence de transparence

La stabilisation du calendrier universitaire figure parmi les urgences identifiées, dans un secteur régulièrement secoué par des perturbations. Le gouvernement insiste également sur la transparence, en exigeant la transmission régulière aux partenaires sociaux des réalisations sectorielles dans le cadre du Pacte.

La validation de ces 13 mesures intervient dans un climat social sous pression, marqué par des grèves et des menaces de débrayage. Dans ce contexte, l’exécutif joue une séquence délicate : maintenir le cap des réformes tout en évitant une dégradation du front social.