PME/PMI : UNE STRATÉGIE NATIONALE STRUCTURANTE POUR LEVER LES VERROUS ET ACCÉLÉRER LA TRANSFORMATION ÉCONOMIQUE

L’atelier de partage et de validation de la Stratégie nationale de promotion et de développement des PME/PMI (SNPDPME-PMI) a été officiellement ouvert par le ministre secrétaire d’État chargé du Développement des PME/PMI, Ibrahima Thiam, en présence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, de plusieurs membres du gouvernement, de directeurs généraux ainsi que de partenaires techniques et financiers.

Une stratégie arrimée aux priorités nationales

Élaborée conformément aux orientations du Premier ministre Ousmane Sonko, telles que définies dans sa Déclaration de politique générale, la SNPDPME-PMI se positionne comme un instrument opérationnel structurant. Elle s’inscrit dans la dynamique de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 porté par le président de la République Bassirou Diomaye Faye.

Fruit de concertations menées à Dakar et dans les différents pôles territoriaux, le document stratégique vise à corriger les failles structurelles d’un secteur qui représente 99,8 % du tissu entrepreneurial national.

À l’horizon 2029, un portefeuille de 25 projets prioritaires doit permettre d’accroître la contribution des PME/PMI au PIB, d’accélérer leur formalisation, d’améliorer leur accès au financement et de favoriser l’émergence de champions nationaux.

Un diagnostic lucide des obstacles

Lors des échanges, Serigne Guèye Diop a dressé un constat sans détour : inexistence de marchés pour certaines entreprises, déficit d’infrastructures d’accompagnement (zones industrielles, incubateurs), absence de guichets bancaires dédiés et exigences de garanties difficilement accessibles aux jeunes entrepreneurs.

« Comment voulez-vous qu’une PME naissante apporte des garanties qu’elle ne possède pas ? », a-t-il interrogé, pointant du doigt un système bancaire peu adapté aux réalités des promoteurs de 25 ou 30 ans.

Le ministre a également critiqué une fiscalité jugée peu incitative, évoquant un impôt sur le revenu de 30 %, comparativement à 15 % dans les zones économiques spéciales, alors que d’autres pays accordent des vacances fiscales aux jeunes entreprises pour soutenir leur phase d’investissement.

Un effort budgétaire progressif

Pour accompagner la mise en œuvre de la stratégie, une hausse substantielle des ressources est annoncée. Le budget du secrétariat d’État chargé du Développement des PME/PMI passera de 1 milliard de francs CFA cette année à 2 milliards l’an prochain, puis à 4 milliards en 2028.

Cette montée en puissance doit permettre de renforcer l’appui aux structures d’encadrement, notamment l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (ADEPME) et le Bureau de mise à niveau des entreprises.

Vers un changement de paradigme

Les conclusions des concertations seront soumises au gouvernement en Conseil des ministres. Au-delà de la formalisation d’un cadre stratégique, l’enjeu porte désormais sur la traduction concrète des engagements en réformes effectives.

À travers la SNPDPME-PMI, l’exécutif entend impulser un appui coordonné, structuré et performant au secteur des PME/PMI, considéré comme la colonne vertébrale de l’économie nationale et un levier clé de souveraineté et de création d’emplois durables.