RÉFORME DE LA CMU : VERS UN SYSTÈME NATIONAL INTÉGRÉ DE COUVERTURE DU RISQUE MALADIE

Le Sénégal accélère la refonte de sa Couverture maladie universelle (CMU) avec l’ambition de bâtir un système national intégré, plus équitable et adapté aux réalités locales. Réunis mardi à Dakar, les principaux acteurs du secteur ont validé les bases techniques d’une nouvelle architecture visant à améliorer durablement l’accès aux soins pour tous.

Organisé par l’Agence sénégalaise de la couverture sanitaire universelle (SEN-CSU), l’atelier a rassemblé représentants de l’État, partenaires sociaux, institutions de protection sociale, experts et bailleurs, dans le cadre d’un dialogue national sur la restructuration du dispositif. L’objectif : consolider les consensus autour d’un modèle inclusif et durable, capable de répondre aux défis persistants d’accès aux soins.

Pour Laurence Lannes, cheffe d’équipe santé de la Banque mondiale au Sénégal, la réforme traduit « une ambition forte » : mieux intégrer les mécanismes existants, renforcer la gouvernance et bâtir un système fondé sur la solidarité nationale. Elle insiste sur la nécessité de réduire les barrières financières et d’accorder une attention particulière aux populations les plus vulnérables, afin de consolider les acquis sociaux et renforcer la cohésion nationale.

Même analyse du côté des autorités sénégalaises. Youssouf Djitté, directeur de cabinet du ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, estime qu’un dispositif efficace doit reposer sur une architecture cohérente, favorisant à la fois la mutualisation du risque et une gestion plus efficiente des ressources destinées aux prestations de santé.

Le responsable met en garde contre la fragmentation des régimes, observée dans plusieurs expériences internationales, qui tend à alourdir les coûts, réduire l’efficacité et creuser les inégalités. À l’inverse, l’intégration des mécanismes permettrait un accès plus équitable aux soins, le développement d’achats stratégiques et une simplification des démarches pour les bénéficiaires.

Cette réforme s’inscrit dans une vision plus large, alignée sur l’Agenda Sénégal 2050, notamment son axe dédié au capital humain et à l’équité sociale. L’enjeu, selon les autorités, est de garantir à chaque citoyen un accès optimal à des services de santé de qualité, dans un système plus lisible, solidaire et durable.