RÉFORME DU CODE ÉLECTORAL : THÉODORE CHÉRIF MONTEIL SALUE UNE AVANCÉE, MAIS ALERTE SUR UN DÉFICIT DE CONSENSUS

Invité de l’émission En Vérité sur RSI, l’ancien député Théodore Chérif Monteil s’est prononcé sur l’initiative des députés du parti PASTEF–Les Patriotes visant à modifier certaines dispositions du Code électoral, notamment les articles L29 et L30. Une réforme qu’il juge globalement salutaire, tout en exprimant des réserves sur la démarche adoptée.

D’emblée, l’ancien parlementaire a salué le bien-fondé de cette proposition de loi, estimant qu’elle répond à une attente largement partagée. Selon lui, les articles visés constituaient « un véritable verrou » pour plusieurs acteurs politiques. Il a notamment dénoncé les effets de l’article L29, qui, en cas de condamnation, entraînait une forme de « mort civile » pour les personnes concernées, les privant de leurs droits politiques. À ses yeux, leur révision apparaît ainsi comme « une œuvre de salubrité » pour le fonctionnement démocratique.

Cependant, Théodore Chérif Monteil n’a pas manqué de pointer certaines limites dans la conduite de cette réforme. Il regrette en particulier le caractère unilatéral de l’initiative parlementaire. « Une réforme de cette envergure aurait pu être portée par un projet de loi du gouvernement », a-t-il suggéré, rappelant que cette question figurait parmi les grandes réformes attendues de l’exécutif.

Au-delà de la procédure, l’ancien député s’inquiète d’une possible rupture avec la tradition de consensus qui, selon lui, encadre les réformes électorales au Sénégal depuis 1992. Il met en garde contre les interprétations pouvant naître d’une telle démarche, notamment l’idée que cette modification serait conçue « pour une personne ». Une perception qu’il juge préjudiciable à la crédibilité du processus démocratique.

Théodore Chérif Monteil plaide ainsi pour une réforme électorale à la fois nécessaire et consensuelle, afin de préserver la confiance des citoyens dans les institutions.