SECTEURS STRATÉGIQUES : ME MASSOKHNA KANE PLAIDE POUR UNE RÉGULATION PLUS STRICTE DES MOUVEMENTS SOCIAUX

Invité de l’émission « Point de vue » sur la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise, Me Massokhna Kane n’a pas minimisé l’impact du mouvement des transporteurs. Il rappelle qu’une grève dans un service public demeure, par essence, préjudiciable aux populations, d’autant que le transport relève d’une mission d’intérêt général déléguée par l’État à des opérateurs privés.

S’il reconnaît le caractère constitutionnel du droit de grève, il insiste sur la nécessité de le concilier avec d’autres droits fondamentaux, notamment la liberté de circulation et le droit au travail pour les non-grévistes. À ses yeux, certaines dérives observées durant le mouvement constituent des lignes rouges, notamment lorsque des travailleurs ont été empêchés d’exercer leur activité. Une telle situation, soutient-il, relève d’une violation manifeste de la loi.

Dans cette dynamique, il appelle les transporteurs à davantage de responsabilité, en particulier dans un secteur aussi stratégique, en veillant à garantir un service minimum. Une exigence qu’il juge essentielle pour préserver l’équilibre entre revendications sociales et continuité du service public.

Sur le rôle de l’État, le président de SOS Consommateurs évoque une réaction tardive des autorités. Selon lui, les négociations auraient dû être engagées dès le dépôt du préavis de grève, afin d’éviter l’enlisement du conflit. S’il reconnaît que des discussions ont finalement eu lieu et permis quelques avancées, il estime que la gestion en amont reste perfectible.

Au-delà de cette crise conjoncturelle, Me Kane met en lumière les dysfonctionnements structurels du secteur des transports. Il rappelle qu’en 2025, près de 800 morts et plus de 12 000 blessés ont été enregistrés sur les routes, selon les données de la gendarmerie, pointant du doigt la prédominance du facteur humain dans les accidents. Dans ce contexte, il plaide pour un renforcement du contrôle routier, une vigilance accrue, notamment en circulation nocturne, ainsi qu’une meilleure formation des conducteurs.

L’entretien a également été l’occasion de dénoncer les pratiques illégales sur les routes. Me Kane évoque des tracasseries persistantes et des comportements assimilables à des rackets impliquant certains agents, une situation qu’il juge inacceptable. SOS Consommateurs envisage d’ailleurs de saisir la justice à travers une plainte contre X et propose la mise en place d’un mécanisme de contrôle interne pour assainir les pratiques.

Enfin, il insiste sur la nécessité d’améliorer les conditions sociales des travailleurs du transport. Selon lui, la précarité dans laquelle évoluent de nombreux chauffeurs et apprentis influence directement leur comportement sur la route. Il établit ainsi un parallèle avec les conducteurs mieux encadrés, notamment à Dakar, dont les conditions de travail plus favorables se traduisent par une conduite plus disciplinée et une réduction des accidents.