Répondant aux interpellations des députés lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a recentré le débat sur la protection des citoyens et le respect de la vie privée, dans un contexte marqué par une affaire présumée de transmission volontaire du VIH.
Il a précisé ne pas s’adresser directement au député Abdou Mbow qui a posé la question, qu’il a qualifié de « téméraire ». « Je parle aux Sénégalais », a-t-il déclaré, affirmant vouloir dépasser les clivages politiques. Il a par ailleurs révélé avoir saisi la veille le président de l’Assemblée nationale d’un projet de loi qu’il dit porter personnellement, soulignant qu’il en assume « entièrement » la responsabilité.
Abordant la question de la criminalisation de l’homosexualité, le chef du gouvernement a estimé que le sujet méritait une approche réfléchie. Selon lui, des discussions ont permis de convenir qu’« on peut avoir mieux » qu’une démarche précipitée.
Il a également accusé certains acteurs d’instrumentaliser le débat à l’international, en laissant entendre que l’État réprimerait systématiquement les homosexuels, ce qui exposerait le pays à des pressions extérieures.
Le Premier ministre s’est surtout indigné de la divulgation publique du statut sérologique de personnes mises en cause. « Comment peut-on divulguer le statut de séropositivité d’autrui dans la presse ? », a-t-il lancé.
Il a évoqué les conséquences humaines de telles publications, estimant que des familles en subissent directement les effets, notamment les enfants concernés. Pour lui, ces pratiques sont « inadmissibles » et contraires au respect du droit et de la dignité.
Dans la foulée, il a adressé une critique à Mame Mactar Guèye, dénonçant ceux qui s’érigent en porte-voix exclusifs sur ces questions sensibles. Il a rappelé que la gestion de telles affaires relève des autorités compétentes et a indiqué avoir demandé au ministère de l’Intérieur de retirer la sécurité qui aurait été mise à la disposition de l’activiste.
Ousmane Sonko a appelé à la retenue, à la responsabilité et au respect des droits fondamentaux dans le traitement des affaires sensibles touchant à la vie privée des citoyens.
