RÉFORME DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA MAGISTRATURE : VERS UNE JUSTICE RENDUE AU NOM DU PEUPLE

Invité de l’émission En Vérité sur Radio Sénégal, Aldiouma Sow, ministre conseiller du président de la République, est largement revenu sur les réformes annoncées du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Selon lui, il ne s’agit pas d’un simple ajustement institutionnel, mais d’une véritable réfondation du fonctionnement de la justice sénégalaise, conformément à la vision du président Bassirou Diomaye Faye.

Pour Aldiouma Sow, la justice telle qu’elle a fonctionné depuis 1960 a longtemps été perçue comme étant au service d’un ordre politique plutôt que du peuple. « La justice était rendue au nom d’un régime. Aujourd’hui, la volonté du chef de l’État est claire : faire en sorte que la justice soit réellement rendue au nom du peuple, non seulement dans les textes, mais aussi dans la pratique quotidienne », a-t-il affirmé.

L’une des principales innovations envisagées dans cette réforme concerne la composition du Conseil supérieur de la magistrature. Jusqu’ici, en dehors du président de la République et du ministre de la Justice, l’organe est exclusivement composé de magistrats. Une configuration qui, selon le ministre conseiller, ne reflète pas suffisamment la diversité sociale.

« Pour que la justice soit rendue au nom du peuple, il est essentiel que le peuple, à travers ses segments représentatifs notamment la société civile et d’autres corps puisse avoir voix au chapitre dans le fonctionnement de la justice », a expliqué Aldiouma Sow. C’est précisément cette ouverture qui justifie, selon lui, le terme de refondation plutôt que celui de simple réforme.

Interrogé sur les réticences exprimées par certains magistrats, notamment sur l’ouverture du CSM à d’autres acteurs que les professionnels de la justice, Aldiouma Sow a tenu à rassurer. Il a souligné que le président de la République a fait le choix du dialogue et de la concertation, plutôt que d’une réforme imposée par la force.

« Le chef de l’État aurait pu passer en force, car il définit la politique pénale du pays. Mais il a préféré consulter, dialoguer et construire un consensus. L’idée n’est pas mauvaise ; ce sont parfois les modalités de mise en œuvre qui suscitent des incompréhensions », a-t-il indiqué.

Pour Aldiouma Sow, l’ouverture du Conseil supérieur de la magistrature à des segments représentatifs de la société constitue un changement de paradigme majeur et une innovation institutionnelle profonde. Il estime qu’un débat public aura lieu le moment venu afin d’éclairer l’opinion et de parvenir à la meilleure formule possible.

Cette réforme s’inscrit ainsi dans la dynamique plus large de refondation de l’État de droit et de la gouvernance prônée par le président Bassirou Diomaye Faye depuis son accession au pouvoir.