PATRIMOINE CULINAIRE ET NUTRITION : LE CRES FORME LES PROFESSIONNELS POUR UNE ALIMENTATION PLUS SAINE

Durant la fin du mois d’avril, le Consortium pour la recherche économique et sociale (CRES) a organisé, à l’École normale supérieure d’enseignement technique et professionnel (ENSETP) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, un atelier stratégique consacré à l’appropriation du livre « Patrimoine culinaire et nutrition au Sénégal ». Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Agir sur les environnements alimentaires pour un accès universel à des régimes alimentaires sains au Sénégal ».

Une réponse structurée à la transition nutritionnelle

Dans un contexte marqué par une transformation rapide des habitudes alimentaires, le Sénégal est confronté à une double charge nutritionnelle : persistance de la malnutrition et montée des maladies non transmissibles. Une situation qui impose une relecture des pratiques culinaires.

Pour le Professeur Papa Biram Gning, Directeur de l’ENSETP, « les enjeux liés à l’alimentation, à la nutrition et à la valorisation des ressources locales sont devenus majeurs », appelant à promouvoir une alimentation « saine, accessible et durable ».

Revisiter les recettes sans rompre avec la tradition

Au cœur de la démarche, un ouvrage à la fois scientifique et opérationnel, conçu pour concilier patrimoine culinaire et exigences nutritionnelles. Basé sur une analyse approfondie des habitudes alimentaires, il propose une relecture des recettes locales sans en altérer l’identité.

« Nous avons analysé la composition nutritionnelle des plats les plus consommés », a expliqué le Professeur Abdoulaye Diagne, Directeur du CRES. L’objectif, précise-t-il, n’est pas de bouleverser les habitudes : « il s’agit simplement d’améliorer les plats existants pour les aligner sur les normes nutritionnelles ».

Une pédagogie orientée vers l’opérationnalisation

L’atelier a mobilisé une trentaine de participants issus d’horizons variés : institutions publiques, structures de santé, organisations professionnelles et restauration collective. Structurée en deux séquences, théorique et pratique, la formation a permis de traduire les connaissances scientifiques en applications concrètes.

Les participants ont ainsi été formés aux fondamentaux de la nutrition, aux normes d’hygiène, mais aussi à la conception de menus équilibrés intégrant les recommandations du guide. Une approche immersive visant à renforcer les capacités opérationnelles des professionnels.

Un dispositif collaboratif ancré dans les réalités

Au-delà de la transmission de savoirs, l’initiative a mis l’accent sur l’intelligence collective. « Il s’agit aussi d’un cadre d’échanges où nous apprenons des participants », a souligné le Professeur Diagne, mettant en avant une logique de co-construction.

Ce dialogue entre experts et praticiens a permis d’adapter les recommandations scientifiques aux contraintes du terrain, dans une perspective d’amélioration continue.

Vers une transformation durable des environnements alimentaires

À l’issue de la formation, les participants disposent désormais de leviers concrets pour améliorer la qualité nutritionnelle des repas, promouvoir l’hygiène alimentaire et valoriser les produits locaux. Au-delà du renforcement des compétences individuelles, le CRES vise une transformation systémique des environnements alimentaires. « Nous souhaitons une appropriation durable des bonnes pratiques en nutrition », a conclu le Professeur Gning.

En consolidant le lien entre recherche et action, cette initiative positionne le CRES comme un acteur clé de la promotion d’une alimentation saine, durable et ancrée dans le patrimoine culinaire sénégalais.