CENTENAIRE D’ABDOULAYE WADE : OUSMANE NGOM RETRACE L’HÉRITAGE D’UN « HOMME D’EXCEPTION »

À l’approche de la célébration du centième anniversaire de Abdoulaye Wade, l’ancien ministre de l’Intérieur Ousmane Ngom a dressé le portrait d’un dirigeant qu’il présente comme un « innovateur » ayant profondément marqué l’histoire politique du Sénégal et de l’Afrique. Revenant longuement sur le parcours du fondateur du Parti démocratique sénégalais, Ousmane Ngom estime qu’Abdoulaye Wade a ouvert une nouvelle voie politique dans un contexte africain dominé, à l’époque, par les partis uniques et les mouvements de libération.

Selon lui, la création du PDS a constitué une rupture majeure dans le paysage politique sénégalais. « Il a choisi de créer un parti légal dans un environnement où cela n’était pas évident », a rappelé l’ancien ministre, évoquant également la stratégie politique qui avait valu à Abdoulaye Wade le surnom de « Ndiombor » donné par Léopold Sédar Senghor.

Ousmane Ngom a aussi insisté sur le rôle joué par l’ancien chef de l’État dans la consolidation du pluralisme démocratique au Sénégal. À ses yeux, Abdoulaye Wade a contribué à installer durablement les mécanismes de l’alternance et du débat démocratique, ouvrant la voie aux différentes alternances politiques connues par le pays. L’ancien ministre a par ailleurs mis en avant la dimension panafricaniste de l’ex-président sénégalais. Il rappelle que Wade se considérait « d’abord comme un Africain avant d’être Sénégalais » et qu’il a toujours défendu l’idée d’une Afrique capable de croire en son potentiel et de porter ses propres ambitions de développement.

À ce titre, Ousmane Ngom évoque plusieurs initiatives portées sous la présidence de Wade, notamment les grands projets d’infrastructures, la réalisation de l’Aéroport international Blaise-Diagne, les autoroutes ainsi que la GOANA, lancée durant la crise alimentaire mondiale de 2007-2009 pour renforcer la production agricole nationale. L’ancien ministre estime également qu’Abdoulaye Wade a su rassurer les partenaires du Sénégal tout en affirmant une vision souveraine du développement. Selon lui, l’ancien président privilégiait le dialogue avec les institutions internationales, même lorsqu’il exprimait des désaccords avec elles.
« Le souverainisme ne se proclame pas, il doit s’appuyer sur des réalités concrètes », a soutenu Ousmane Ngom, plaidant pour une approche pragmatique fondée à la fois sur la mobilisation des ressources nationales et la coopération avec les partenaires internationaux.

Revenant sur l’exercice du pouvoir sous Wade, il a aussi souligné la capacité de l’ancien président à s’ouvrir à différentes compétences issues de plusieurs horizons politiques afin d’assurer la continuité de l’État et de stabiliser l’action gouvernementale après l’alternance de 2000.

Ousmane Ngom a enfin rendu hommage à celui qu’il considère comme son « maître politique », rappelant qu’il lui a consacré un ouvrage intitulé « Abdoulaye Wade, le centenaire d’un homme d’exception ». Un livre présenté comme une contribution à la mémoire politique du Sénégal et à la transmission de l’héritage démocratique laissé par l’ancien président.
Pour l’ancien ministre, le centenaire d’Abdoulaye Wade constitue ainsi une occasion de revisiter le parcours d’un acteur majeur de la vie politique sénégalaise, mais aussi de mesurer l’empreinte qu’il a laissée sur les institutions, la démocratie et les ambitions de développement du continent africain.