JOJ DAKAR 2026 : LE BREVET OLYMPIQUE, CIVIQUE ET SPORTIF FRANCHIT LE CAP DU MILLION DE JEUNES BÉNÉFICIAIRES

Initialement programmés en 2022 avant d’être reportés à 2026 en raison de la pandémie de Covid-19, les Jeux Olympiques de la Jeunesse auront finalement permis au Sénégal de mettre en place un vaste programme d’héritage bien avant le début de la compétition. Le Brevet Olympique, Civique et Sportif (BOCS), conçu par le Comité d’organisation des JOJ Dakar 2026 (COJOJ), en est aujourd’hui l’illustration la plus marquante.

Selon les chiffres arrêtés au 15 juin 2026, le programme a bénéficié à 1 021 655 jeunes, dépassant largement l’objectif initial fixé à 900 000 bénéficiaires. En parallèle, 2 000 formateurs ont été formés pour assurer le déploiement du dispositif sur l’ensemble du territoire national.

Un programme intégré au système éducatif

Déployé en partenariat avec les ministères de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle et technique, le BOCS s’est principalement appuyé sur les établissements scolaires. Près de 70 % des bénéficiaires proviennent des écoles relevant de l’Éducation nationale, tandis que 30 % sont issus des centres de formation professionnelle.

Pour Honoré Gilbert Ngom, chef de la division de l’enseignement technique, le programme constitue désormais « le principal levier d’engagement citoyen de la jeunesse sénégalaise » en prélude aux JOJ Dakar 2026, avec un impact durable dans plusieurs milliers d’établissements scolaires.

Même analyse du côté de Moussa Dia, chef de la division des Sports et des Activités de jeunesse au ministère de l’Éducation nationale et président de la Fédération sénégalaise du sport scolaire. Il estime que le BOCS s’est naturellement inscrit dans la réforme des contenus éducatifs axée sur « la transformation humaniste de l’éducation », où l’apprentissage des valeurs occupe une place centrale.

Une couverture nationale

Malgré les défis logistiques, le programme a été déployé dans les 14 régions du Sénégal, à travers des tournées nationales organisées de Kédougou à Ziguinchor, en passant par Thiès et Saint-Louis.

Son déploiement repose sur une approche dite de « train-the-trainer », consistant à former des enseignants qui deviennent ensuite des relais auprès des élèves. À leur tour, ces derniers sont appelés à diffuser les valeurs olympiques dans leurs établissements et lors de grands événements tels que le festival Dakar en Jeux ou le Festival national du sport scolaire.

Pour Diouma Dite Fatou Bintou Coulibaly, professeure d’Éducation physique et sportive au CEM Martin Luther King de Dakar, cette méthode a permis de faire évoluer les pratiques pédagogiques tout en contribuant à prévenir certaines formes de violence dans les compétitions scolaires grâce à la promotion du respect, du fair-play et de la médiation.

Des jeunes devenus ambassadeurs des valeurs olympiques

Au-delà des chiffres, le programme met en avant les changements de comportement observés chez les bénéficiaires.

Président du gouvernement scolaire de son lycée au moment de sa formation, Mouhamadou Fadel Diop explique avoir ensuite sensibilisé ses camarades aux dimensions citoyennes du sport, qu’il considère désormais comme un vecteur de respect, de courage et de cohésion sociale. Il affirme également avoir adopté une attitude plus respectueuse envers ses coéquipiers, ses adversaires et les arbitres.

Même constat pour Thioro Sonko, élève au CEM Martin Luther King et présidente du gouvernement scolaire. Elle retient principalement la valeur du fair-play, qu’elle souhaite transmettre aux générations futures, tout en soulignant un regain d’intérêt de ses camarades pour la pratique sportive après la découverte de nouvelles disciplines.

Pour Awa Diop, le BOCS a surtout permis de rendre les JOJ plus concrets. La jeune élève, qui ne pratiquait auparavant aucun sport, s’est découvert une passion pour le tennis et dit mesurer davantage la portée historique de l’organisation, par le Sénégal, des premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse organisés sur le continent africain.

Un héritage avant même les Jeux

Au-delà des enseignements théoriques sur l’olympisme, le BOCS s’appuie sur une pédagogie mêlant activités sportives, jeux de rôle, rencontres avec des athlètes et apprentissage par la pratique. Cette approche favorise le développement de l’autonomie, de l’entraide et du sens des responsabilités chez les jeunes participants, qui endossent tour à tour les rôles d’arbitres, de reporters ou encore de secouristes lors des activités.

À quelques mois de l’ouverture des JOJ Dakar 2026, le Brevet Olympique, Civique et Sportif apparaît ainsi comme l’un des premiers héritages concrets de l’événement. Bien au-delà de la compétition sportive, le programme ambitionne de laisser une génération sensibilisée aux valeurs olympiques et à la citoyenneté, avec plus d’un million de jeunes désormais revendiqués comme membres de la « génération JOJ ».