Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les Médias (CORED) a appelé les professionnels des médias à faire preuve de responsabilité face à la multiplication des discours xénophobes visant les communautés étrangères vivant au Sénégal.
Dans un communiqué, le CORED invite les organes de presse à ne pas relayer les propos stigmatisants ou discriminatoires susceptibles d’alimenter la haine et de fragiliser la cohésion sociale. Selon l’instance de régulation, la médiatisation de tels discours constitue une menace pour le vivre-ensemble et peut avoir des conséquences au-delà des frontières, notamment pour les Sénégalais établis à l’étranger.
Le CORED estime que les médias ne doivent pas devenir des amplificateurs de messages de haine, rappelant que la diffusion répétée de ces contenus peut influencer l’opinion publique et favoriser des comportements discriminatoires.
L’institution condamne fermement toute tentative de désigner les étrangers comme boucs émissaires et rappelle aux journalistes leurs obligations professionnelles. Elle cite notamment l’article 18 du Code de la presse, qui impose le respect de la dignité humaine et interdit toute référence à l’origine nationale, à l’appartenance ethnique, à la religion, au sexe, à l’état de santé ou à toute autre caractéristique pouvant avoir un caractère discriminatoire ou stigmatisant.
Le CORED invoque également la Charte des journalistes du Sénégal, qui exige le respect de la dignité des personnes et des groupes sociaux, en particulier les minorités et les personnes en situation de vulnérabilité, tout en proscrivant la diffamation, les accusations sans fondement, l’apologie de la violence et l’incitation à la haine.
Tout en réaffirmant son attachement à la liberté de la presse, le Conseil souligne que celle-ci ne peut servir de prétexte à la propagation de la xénophobie, du racisme ou de l’intolérance.
Le CORED précise que ce communiqué tient lieu d’avertissement à l’ensemble des journalistes et techniciens des médias et prévient qu’il se réserve le droit de saisir son Tribunal des pairs en cas de manquements aux règles d’éthique et de déontologie.
