La campagne Octobre Rose 2026 a été officiellement lancée dimanche à Dakar, avec un appel renouvelé à renforcer le dépistage précoce du cancer du sein. Placée sous le thème « Agir pour la vie », cette édition met notamment l’accent sur l’accès aux soins, alors que la maladie continue de peser lourdement sur la santé des femmes au Sénégal. À cette occasion, la Fondation nationale Sénégal Solidaire a annoncé l’achèvement prochain d’un centre dédié au dépistage des cancers féminins à l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye.
La lutte contre le cancer du sein passe aussi par la capacité à diagnostiquer la maladie suffisamment tôt. C’est l’un des messages portés par la Ligue sénégalaise contre le cancer (LISCA) à l’ouverture de l’édition 2026 d’Octobre Rose.
Selon sa présidente, Dr Fatma Guenoune, environ 2 220 nouveaux cas de cancer du sein sont enregistrés chaque année au Sénégal, pour plus de 1 300 décès. Le cancer du sein reste ainsi le premier cancer chez la femme, alors qu’une régression est observée concernant le cancer du col de l’utérus.
Pour la LISCA, ces données renforcent la nécessité de faire du dépistage précoce une priorité. Des consultations seront ainsi organisées au siège de l’organisation à partir du 1er octobre, du lundi au samedi. Les femmes présentant des anomalies pourront bénéficier d’un accompagnement de la Ligue.
Dalal Jamm bientôt doté d’un centre de dépistage
L’une des principales annonces faites lors du lancement concerne toutefois le renforcement de l’offre de dépistage. La Fondation nationale Sénégal Solidaire, en partenariat avec la LISCA, achève la construction d’un centre de dépistage des cancers féminins au sein de l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye.
« Nous espérons que ce centre de dépistage des cancers féminins qui est en train d’être construit par la Fondation, en partenariat avec la LISCA, puisse être livré au cours de l’année », a indiqué la Première Dame, Absa Faye.
Cette future structure doit permettre de rapprocher davantage les services de dépistage des populations, particulièrement dans la banlieue dakaroise. Elle s’inscrit dans une problématique régulièrement soulevée par les acteurs de la lutte contre le cancer : l’accès au diagnostic et aux soins demeure inégal, notamment en raison du coût de la prise en charge, du manque d’information et de l’éloignement de certaines structures.
Pour Absa Faye, ces obstacles expliquent en partie pourquoi certaines femmes restent éloignées du dépistage. La peur du diagnostic constitue également un frein, au même titre que les difficultés financières.
« Faire tomber les peurs »
Présente aux côtés du ministre de la Santé et de l’Action sociale lors du lancement, la Première Dame a dédié la mobilisation aux femmes qui affrontent la maladie, à celles qui l’ont vaincue et à celles qui en sont décédées.
Elle a appelé à maintenir la sensibilisation afin de permettre aux femmes de dépasser la peur du diagnostic et de se rapprocher des structures sanitaires. L’objectif, a-t-elle résumé, est de « faire tomber les peurs, briser le silence et rapprocher les femmes du dépistage ».
La LISCA entend, de son côté, poursuivre cette dynamique durant tout le mois d’octobre. Sensibilisation, consultations et mobilisation des professionnels de santé, notamment des pharmaciens, sont prévues dans le cadre de la campagne.
Au-delà des activités symboliques d’Octobre Rose, l’enjeu est donc désormais de transformer la sensibilisation en accès effectif au dépistage. La mise en service attendue du centre de Dalal Jamm pourrait constituer, à cet égard, un nouvel outil dans la lutte contre les cancers féminins au Sénégal.
