PRIMES DES AGENTS DE LA SENELEC : ABDOURAHMANE DIOUF ANNONCE UN CONSENSUS ET ATTEND L’ARBITRAGE PRÉSIDENTIEL

Le sort des primes réclamées par les travailleurs de la Senelec reste suspendu à l’arbitrage du président de la République. Face à la presse, ce lundi 19 octobre 2026, dans le cadre du point de presse gouvernemental consacré au climat social national, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf, a apporté des précisions sur l’évolution de ce dossier, qui oppose des appréciations divergentes sur les performances de la société nationale d’électricité et leur incidence sur le paiement des primes.

À l’origine de cette affaire, une lettre du président du conseil d’administration (PCA) de la Senelec, adressée au chef de l’État, pour solliciter le versement d’une prime au titre des résultats bénéficiaires de l’entreprise. Dans cette correspondance, les performances réalisées par les agents étaient présentées comme justifiant le paiement de cette rémunération.

Toutefois, les services de la présidence ont opposé une analyse technique, financière et d’opportunité contestant le versement de la prime pour l’année concernée. « Là où les agents de la Senelec, à travers le président du conseil d’administration, avaient fait un argument technique qui montrait leur performance, les services de la présidence ont développé un argument technique qui a démontré l’absence de performance », a expliqué Abdourahmane Diouf.

Quatre argumentaires autour de la table

Face à ces positions contradictoires, le ministre a engagé des concertations avec les syndicats afin de rapprocher les points de vue. Quatre contributions ont ainsi été examinées : l’argumentaire des agents transmis par le PCA, celui du directeur général de la Senelec, l’analyse des services de la présidence et l’évaluation des services techniques du ministère de l’Énergie et du Pétrole.

Ces derniers devaient notamment se prononcer sur l’opportunité du paiement et les montants susceptibles d’être versés. À l’issue de cet examen, un arbitrage ministériel a été soumis aux différentes parties, qui ont trouvé un consensus sur les modalités envisagées.

« Ces quatre argumentaires ont été mis ensemble. Nous avons fait au niveau du ministère un arbitrage, et cet arbitrage a été soumis aux quatre parties, qui ont trouvé un consensus sur les montants, sur l’opportunité de payer et sur tout le reste », a indiqué le ministre.

Les discussions ont donc permis de rapprocher les positions des protagonistes et d’aboutir à des recommandations communes. Il appartient désormais au chef de l’État de se prononcer sur les suites à donner à ce dossier.

Aucune décision définitive pour le moment

Abdourahmane Diouf a précisé que les conclusions issues des concertations avaient été transmises au président de la République. Toutefois, aucune décision définitive n’a encore été annoncée. Le ministre a tenu à dissiper toute interprétation hâtive du silence présidentiel.

« Depuis nos réunions de synthèse, le président de la République ne s’est pas encore prononcé sur la question. Mais cela ne veut pas dire qu’il a accepté ; cela ne veut pas non plus dire qu’il a refusé de payer la prime », a-t-il souligné, précisant que le temps de réflexion du chef de l’État n’était encadré par aucun délai.

Le ministre a également insisté sur la neutralité de son département dans ce dossier, affirmant que la question devait être appréciée à l’aune des faits et du cadre juridique, plutôt qu’en fonction de considérations personnelles ou d’un quelconque état d’esprit.

« Nous n’avons aucun préjugé sur le paiement des primes des agents de la Senelec. Pas de préjugé favorable, pas de préjugé défavorable », a-t-il déclaré, avant de rappeler que la décision ne pouvait relever ni de la satisfaction ni du mécontentement des autorités.

En attendant l’arbitrage présidentiel, le ministre a appelé les syndicats à privilégier le dialogue. Il a, en outre, souligné qu’aucune réponse négative ne leur avait été opposée à ce stade. Le dossier demeure donc en attente d’une décision, malgré le consensus obtenu au terme des discussions ministérielles.