Les entreprises de presse peuvent entrevoir une issue à la suspension des conventions publicitaires publiques. Dans une correspondance datée du 19 octobre 2026, le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, a émis un avis favorable à la demande de levée de cette mesure, formulée par le ministre de la Communication et des Relations avec les institutions, Bacary Sarr.
Cette décision intervient plus de deux ans après la suspension ordonnée en juillet 2024 par le Premier ministre de l’époque, Ousmane Sonko. La mesure concernait les nouvelles conventions et les contrats publicitaires entre l’État et les entreprises de presse privée. Elle s’inscrivait dans une volonté d’assainissement et de rationalisation des dépenses publiques, dans un contexte de contrôles fiscaux renforcés.
La perspective d’une levée de cette suspension constitue ainsi un signal attendu par les acteurs du secteur. Pour les entreprises de presse, la reprise des conventions pourrait permettre de renouer avec une source de revenus issue des investissements publicitaires publics. Toutefois, la correspondance du 19 octobre ne précise ni la date effective de reprise ni les montants qui pourraient être engagés.


Une reprise encadrée par de nouvelles règles
L’avis favorable du chef du Gouvernement est assorti de conditions. La reprise devra s’inscrire dans un cadre rénové, transparent et conforme aux principes de bonne gouvernance et de rationalisation de la dépense publique.
À cet effet, Ahmadou Al Aminou Lô a décidé de mettre en place un comité ad hoc interministériel chargé de veiller à l’application de critères objectifs et transparents dans l’attribution des conventions publicitaires. Le comité devra également examiner la conformité des organes de presse aux dispositions du Code de la presse.
La répartition des investissements publicitaires publics devra, par ailleurs, tenir compte de critères de performance, d’audience, de couverture territoriale et de pertinence des publics ciblés. Le dispositif prévoit aussi des mécanismes de suivi et d’évaluation régulière de l’utilisation des ressources publiques consacrées à la publicité, ainsi que des mesures de maîtrise des coûts et de prévention des engagements financiers insuffisamment justifiés.
Ces exigences traduisent la volonté du Gouvernement de conditionner la reprise à des règles d’attribution mieux définies, tout en consolidant l’écosystème médiatique national.
Le 30 octobre, une échéance décisive
Présidé par le représentant du Premier ministre, le comité réunira des représentants de la Présidence de la République, du ministère de la Communication, du ministère chargé des Finances et du ministère des Télécommunications et du Numérique. Il comprendra également un représentant du journal Le Soleil, un représentant de la RTS et trois représentants de la presse privée.
Le secrétariat sera assuré par le ministère de la Communication. Les conclusions des travaux devront être soumises au Premier ministre au plus tard le 30 octobre 2026, en vue d’une réunion de validation sous sa présidence.
Cette échéance constitue désormais un rendez-vous important pour les entreprises de presse. Après plus de deux ans de suspension des nouvelles conventions publicitaires, l’enjeu est de connaître les critères d’éligibilité, les modalités d’attribution et le calendrier de mise en œuvre.
L’avis favorable d’Ahmadou Al Aminou Lô ouvre donc une perspective de reprise, sans pour autant acter la levée effective de la suspension. Le soulagement attendu par les entreprises de presse dépendra des conclusions du comité, de leur validation et de la mise en application des mesures retenues.
