PROJET DE LOI SUR LES ACTES CONTRE NATURE : ALY NGOUILLE NDIAYE SALUE LE RENFORCEMENT DES SANCTIONS SANS CRIMINALISATION

Le gouvernement a récemment adopté un projet de loi visant à durcir la législation sur les actes contre nature et l’apologie de l’homosexualité, tout en prévoyant des sanctions pour les dénonciations calomnieuses. Interrogé sur l’efficacité d’une telle démarche, Aly Ngouille Ndiaye, ancien ministre, estime que la criminalisation n’est pas nécessairement la solution la plus adaptée pour régler ce type de problème.

« Personnellement, je n’étais pas pour la criminalisation, car il n’est pas évident qu’elle permette de résoudre le problème », affirme-t-il. Selon lui, l’expérience montre que d’autres lois criminalisées, comme celles sur le viol, le vol de bétail ou la drogue, ne garantissent pas toujours une exécution rapide ou efficace des peines, en raison notamment du nombre limité de magistrats au Sénégal. « Nous sommes 18 millions de Sénégalais pour environ 500 magistrats. Criminaliser des actes, c’est envoyer des personnes en prison, mais combien y resteront longtemps ? », questionne-t-il.

Pour Aly Ngouille Ndiaye, la décision du gouvernement de renforcer les sanctions sans criminalisation constitue « un bon pas ». Cette approche permet, selon lui, de protéger l’opinion publique et de sanctionner l’apologie, tout en respectant les contraintes du système judiciaire et les conventions internationales signées par le Sénégal. Il souligne également l’importance de prendre en compte la culture et les sensibilités locales. « Nous sommes à plus de 99 % de croyants. Notre culture ne l’accepte pas. On ne peut pas légiférer en fonction des cultures des autres », précise-t-il.

L’ancien ministre note toutefois que le débat sur la criminalisation demeure, reflétant la diversité des opinions et les attentes de certains segments de la société. « C’est normal que certains continuent d’insister sur la criminalisation. Mais je considère que ce qui a été fait par le gouvernement est appréciable et adapté aux réalités sénégalaises », conclut Aly Ngouille Ndiaye.