SAMA MBÉY MET À L’HONNEUR LE LEADERSHIP FÉMININ ET CONSOLIDE LE DIALOGUE AUTOUR DE L’AVENIR DE L’AGRICULTURE SÉNÉGALAISE

À Dakar, le Petit-Déjeuner des Exploitants Agricoles organisé par Sama Mbéy a réuni, jeudi, autour du ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, les principaux acteurs de l’écosystème agricole. La rencontre a notamment mis à l’honneur trois femmes dont les parcours illustrent le dynamisme de l’agriculture familiale et l’importance croissante du leadership féminin dans le secteur.

À l’occasion de l’Année internationale des agricultrices, Sama Mbéy a placé les femmes au cœur de son traditionnel Petit-Déjeuner des Exploitants Agricoles. Organisée ce jeudi 8 octobre 2026 à l’Hôtel Noom de Dakar, la rencontre, présidée par le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Cheikhou Oumar Bâ, a rassemblé des représentants de l’État, des ambassades, des institutions de financement du développement, des partenaires techniques et financiers ainsi que des entreprises évoluant dans le secteur agricole.

Au-delà de la célébration des acteurs de terrain, cette rencontre s’est voulue un espace de dialogue entre les exploitants agricoles, les pouvoirs publics et les différents partenaires engagés dans le développement du secteur. Les échanges ont porté sur les réalités de l’agriculture familiale, les besoins des exploitantes et les perspectives d’un accompagnement mieux adapté aux enjeux du monde rural.

Trois femmes distinguées pour leur engagement

Temps fort de la rencontre, la remise de distinctions à trois femmes a permis de mettre en lumière des trajectoires différentes, mais toutes marquées par l’engagement, l’initiative et la volonté de créer de la valeur à partir des activités agricoles.

Productrice à Gatty Yaram, dans la zone de Kébémer, et cliente de Sama Mbéy depuis 2018, Fatou Mbodji a reçu le prix « Championne Petite Exploitante ». Son parcours illustre une logique de réinvestissement des revenus agricoles. Les recettes tirées de ses récoltes et de la vente du foin lui ont notamment permis de développer un élevage de chèvres et de mettre en place un jardin de gombo.

Khady Sow, fondatrice de Khady Légumes, s’est vu décerner le Prix de l’Entreprise Émergente. Installée à Diogo, elle s’est spécialisée dans la production et la commercialisation de légumes, écoulés dans plusieurs villes du Sénégal. Son expérience témoigne de la capacité de certaines exploitantes à dépasser le cadre strict de la production pour investir progressivement les maillons de la commercialisation.

Le Prix du Leadership Communautaire a, pour sa part, été attribué à Binta Wane, présidente du GIE maraîcher des Femmes de Kamb, dans la forêt de Mbao. À travers son action, elle accompagne les femmes de son groupement et contribue au renforcement de leur implication dans les activités maraîchères.

Les trois lauréates ont également partagé leurs expériences et expliqué leurs choix en matière d’investissement, donnant ainsi une dimension concrète aux échanges consacrés à l’autonomisation économique des femmes dans le secteur agricole.

« Nos producteurs ne sont pas des bénéficiaires »

Pour Anushka Ratnayake, fondatrice et directrice générale de myAgro, l’approche développée par l’organisation repose notamment sur une relation fondée sur la considération et la responsabilité économique des exploitants.

« Nos producteurs ne sont pas des bénéficiaires, ce sont des clients qui méritent le même respect que n’importe quel client à travers le monde », a-t-elle déclaré.

Présente au Sénégal depuis 2012 sous le nom de Sama Mbéy, myAgro intervient aujourd’hui dans 12 régions du pays. Pour la campagne agricole principale de 2026, 84 005 producteurs ont reçu leur paquet agricole.

Selon l’étude de récolte menée par myAgro au Sénégal pour la campagne principale de 2025, les producteurs accompagnés par le programme ont produit 249 % de nourriture de plus que ceux du groupe de comparaison. Ce résultat est présenté par l’organisation comme un indicateur de l’impact de son modèle d’accompagnement auprès des petits exploitants.

Un modèle fondé sur l’anticipation et l’accompagnement

Le dispositif de Sama Mbéy repose sur un principe d’anticipation des besoins agricoles. Chaque producteur choisit un paquet de semences et d’engrais correspondant à la culture envisagée et à la superficie à emblaver, puis procède à son paiement progressivement au cours des mois précédant les semis.

Les intrants sont ensuite acheminés au plus près des villages avant l’arrivée des pluies. À cet accompagnement matériel s’ajoutent des formations consacrées notamment aux pratiques agricoles adaptées aux évolutions du climat.

Le dispositif s’appuie également sur les Entrepreneurs de Village, issus des communautés bénéficiaires. Ces relais de proximité jouent un rôle dans l’accompagnement des producteurs, notamment dans leurs démarches et dans la préparation de leur campagne agricole.

L’offre de Sama Mbéy ne se limite par ailleurs pas aux cultures vivrières. L’organisation propose également un accompagnement dans le domaine de l’aviculture et développe un programme d’agroforesterie à travers la distribution gratuite de plants de moringa et de papayer aux agriculteurs.

Le numérique au service de la proximité

Dans le cadre de myAgro 3.0, l’organisation a également présenté deux nouveaux outils numériques déployés quelques semaines avant la rencontre et déjà utilisés au cours de la présente campagne.

Le premier, Bindal Sa Bopp, permet aux producteurs de s’inscrire au programme directement depuis leur téléphone grâce à un QR code. Le second, Fayal Sa Bopp, facilite la gestion des paiements liés au paquet agricole à travers WhatsApp, également accessible par QR code.

Pour Christophe Gondry, directeur pays de myAgro/Sama Mbéy, cette évolution technologique ne remet toutefois pas en cause la dimension humaine du modèle.

« Notre conviction demeure toutefois intacte : la technologie ne remplace pas la relation humaine, elle l’amplifie. Nos Entrepreneurs de Village resteront au cœur de notre modèle, pour que nulle ne soit laissée de côté », a-t-il souligné.

Cette articulation entre innovation numérique et présence de proximité constitue ainsi l’un des axes du modèle développé par Sama Mbéy auprès des petits exploitants.

Consolider le dialogue autour des besoins du monde rural

À travers cette rencontre, Sama Mbéy entend également renforcer les passerelles entre les exploitants agricoles, les pouvoirs publics et les partenaires techniques et financiers. Les discussions ont notamment permis de faire remonter les préoccupations des productrices et de mieux cerner les besoins liés au financement, aux intrants, à l’accompagnement technique et à la commercialisation.

L’initiative s’inscrit dans une dynamique où l’action des acteurs privés et sociaux vient compléter les services agricoles publics, notamment au niveau des villages. En mettant en avant les parcours de femmes comme Fatou Mbodji, Khady Sow et Binta Wane, le Petit-Déjeuner des Exploitants Agricoles aura ainsi rappelé que l’agriculture familiale repose aussi sur des entrepreneures capables de transformer leurs revenus, leurs savoir-faire et leurs réseaux en nouvelles activités économiques.