Avec sa nomination au poste de ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé effectue un retour remarqué au sein de l’appareil d’État. Figure bien connue de la haute administration sénégalaise, ce technocrate au parcours dense a dirigé plusieurs institutions stratégiques où il a souvent été associé à des chantiers de modernisation et de réforme.
Inspecteur général d’État, ancien directeur général des Douanes, ex-directeur général de la Senelec, ancien ministre du Budget, du Pétrole et des Énergies, mais aussi ancien directeur de cabinet du président de la République, Mouhamadou Makhtar Cissé fait partie du cercle restreint des hauts fonctionnaires ayant exercé des responsabilités dans les principaux secteurs névralgiques de l’État.
Son ascension débute dans l’administration des Douanes où il gravit progressivement les échelons avant d’être nommé directeur général en décembre 2009. À la tête de l’institution, il pilote plusieurs réformes destinées à améliorer la collecte des recettes, renforcer le contrôle des flux commerciaux et accélérer la modernisation des procédures douanières. Son passage coïncide avec la consolidation du système informatique Gaindé, devenu une référence dans la dématérialisation des formalités du commerce extérieur. Cette dynamique permettra au Sénégal de décrocher une reconnaissance internationale avec l’obtention d’un Prix des Nations unies pour le service public.
En 2013, il est appelé au gouvernement comme ministre délégué chargé du Budget. L’une des étapes les plus marquantes de sa carrière reste toutefois son passage à la tête de la Senelec entre 2015 et 2019. Lorsqu’il prend les commandes de la société nationale d’électricité, le pays sort progressivement d’une longue période marquée par les délestages et les difficultés d’approvisionnement énergétique. Sous sa direction, l’entreprise engage une vaste phase de restructuration opérationnelle et financière.
Durant cette période, la capacité de production électrique du Sénégal connaît une forte progression grâce à la mise en service de nouvelles centrales et au renforcement des infrastructures de transport d’énergie. La qualité de la fourniture s’améliore sensiblement, réduisant les coupures qui avaient longtemps affecté les ménages et les entreprises. Plusieurs observateurs considèrent cette séquence comme l’un des tournants majeurs du secteur énergétique sénégalais. La Senelec améliore également ses performances financières tout en poursuivant son programme d’investissements.
Son bilan est également associé à l’accélération de la diversification du mix énergétique national. Sous son impulsion, plusieurs projets d’énergies renouvelables gagnent en importance dans la stratégie énergétique du pays, avec notamment l’intégration progressive du solaire dans le réseau national. Cette orientation accompagne la volonté du Sénégal de réduire sa dépendance aux combustibles fossiles importés.
Fort de cette expérience, il est nommé en 2019 ministre du Pétrole et des Énergies à un moment charnière de l’histoire économique du Sénégal. Le pays prépare alors l’entrée dans l’ère de l’exploitation pétrolière et gazière avec les projets GTA et Sangomar. Dans ce contexte, Mouhamadou Makhtar Cissé conduit plusieurs concertations autour du contenu local afin de garantir une meilleure participation des entreprises et des compétences sénégalaises dans la chaîne de valeur des hydrocarbures.
Son action contribue également à la structuration du cadre réglementaire du secteur à travers l’adoption de textes stratégiques, notamment le Code gazier. Il défend alors une approche visant à faire des ressources pétrolières et gazières un levier de transformation économique plutôt qu’une simple source de revenus budgétaires.
Au-delà de ses fonctions ministérielles, Mouhamadou Makhtar Cissé s’est imposé comme l’un des profils les plus sollicités dans les cercles de décision de l’État. À deux reprises, il occupe le poste sensible de directeur de cabinet du président de la République, participant à la coordination des grands dossiers gouvernementaux et au suivi des politiques publiques.
Plus récemment, il a été choisi pour siéger au sein du Conseil stratégique de l’initiative SunuChampions, programme présidentiel destiné à accompagner l’émergence d’entreprises sénégalaises à fort potentiel. Sa présence dans cette structure témoigne de la reconnaissance de son expertise en matière de gouvernance, de gestion publique et de développement économique.
Aujourd’hui, son retour au ministère de l’Intérieur intervient dans un contexte où les enjeux de sécurité, de gouvernance territoriale et de stabilité institutionnelle occupent une place centrale. Pour les nouvelles autorités, le choix de Mouhamadou Makhtar Cissé apparaît comme celui de l’expérience administrative et de la maîtrise des grands appareils de l’État.
Après les Douanes, les finances publiques, l’énergie, le pétrole, la présidence de la République et l’Inspection générale d’État, ce haut fonctionnaire revient ainsi à un poste régalien majeur avec l’image d’un gestionnaire méthodique dont le parcours reste étroitement lié à plusieurs réformes structurantes de l’administration sénégalaise.
