À Sandiara, l’ambition affichée par le gouvernement ne se limite plus à l’installation d’activités industrielles. Elle vise désormais à créer les conditions d’un véritable écosystème, combinant infrastructures, production agricole, mobilité et accès aux marchés.
C’est dans cette perspective que le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a dévoilé, dimanche, trois projets majeurs lors de la cérémonie officielle de la Journée mondiale de l’arbre, organisée au sein de la Zone économique spéciale (ZES) de Sandiara.
Une zone industrielle à mettre à niveau
Premier chantier : la zone industrielle. Le ministre a annoncé sa clôture dans un délai d’un an, pour un investissement de 7 milliards de francs CFA.
L’enveloppe doit notamment permettre de réaliser les réseaux d’eau, les voiries et réseaux divers ainsi que les infrastructures nécessaires au traitement. Ces travaux s’inscrivent dans le programme national de mise à niveau des zones industrielles, dont Sandiara doit progressivement bénéficier.
Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse la simple sécurisation du périmètre industriel. Il s’agit de renforcer les conditions d’accueil des entreprises et de rendre la zone davantage attractive pour de nouveaux investissements.
L’agropole intercommunal relancé en 2027
À cette infrastructure industrielle doit s’ajouter un second maillon : l’agropole intercommunal de Sandiara.
Le projet, à l’arrêt, devrait redémarrer à partir de janvier 2027, selon Serigne Guèye Diop. Le ministre a indiqué que les agropoles bénéficieront d’une enveloppe de 20 milliards de francs CFA, dans le cadre d’un programme global de 350 milliards de francs CFA destiné à la réalisation de 45 agropoles à travers le pays.
L’objectif est de rapprocher les activités de transformation des zones de production, de favoriser la valorisation des produits agricoles et de créer davantage d’opportunités économiques au niveau local.
Une nouvelle sortie d’autoroute vers Sandiara
Mais la transformation annoncée repose aussi sur la mobilité. Le troisième projet concerne précisément la connexion de Sandiara au réseau autoroutier.
Le ministre a annoncé la création d’une sortie de l’autoroute à péage en direction de Sandiara, avec un prolongement vers Mbour. Le président de la République aurait donné des instructions à l’agence compétente afin que les travaux puissent démarrer dès l’année prochaine.
Cette nouvelle liaison devrait faciliter l’accès à la commune, à sa zone industrielle et aux différents pôles économiques environnants, tout en améliorant les connexions avec Diamniadio et Mbour. « Avec ces trois projets, Sandiara va changer de visage », a résumé Serigne Guèye Diop.
L’environnement comme condition du développement
Cette accélération industrielle ne devrait toutefois pas se faire au détriment de l’environnement. Le ministre a assuré que le développement industriel de Sandiara devra s’accompagner du respect des normes environnementales.
Une mission d’évaluation devait ainsi se rendre dès le lendemain sur le terrain afin d’identifier les entreprises susceptibles d’être à l’origine de nuisances environnementales. Des sanctions pourraient être prises contre les structures qui ne respecteraient pas leurs obligations.
Pour Serigne Guèye Diop, le développement industriel et la protection de l’environnement ne sont pas contradictoires. « L’industrie n’est pas un ennemi du développement, au contraire. Sans industrie, moins de développement », a-t-il soutenu, invitant les industriels à protéger les populations et à assurer une gestion conforme de leurs déchets.
Avec la mise à niveau de la zone industrielle, la relance de l’agropole et l’amélioration de la desserte routière, Sandiara se trouve ainsi au croisement de trois ambitions : produire, transformer et mieux connecter. Reste désormais à traduire ces annonces en chantiers effectifs pour faire de la commune un véritable pôle industriel et agro-économique du département de Mbour.
