L’Université Alioune Diop de Bambey (UADB) franchit une nouvelle étape dans le renforcement de ses capacités d’accueil. Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Boubacar Camara, et son homologue des Infrastructures, Dethie Fall, ont procédé mardi 29 septembre à la réception de nouvelles infrastructures, dont un bâtiment de 1 000 lits, et au lancement d’un programme national de construction et de réhabilitation évalué à 45 milliards de FCFA.
La cérémonie, organisée dans un contexte marqué par une forte mobilisation de la communauté universitaire, marque, selon les autorités locales, une étape importante dans l’évolution des infrastructures de l’UADB depuis sa création.
Le nouveau pavillon, implanté au niveau du Campus 2, dans le quartier DVF-Ouest, vient renforcer les capacités d’hébergement du Centre régional des œuvres universitaires de Bambey (CROUS). Les autorités ont également réceptionné un restaurant universitaire de 1 000 places.
Cette livraison intervient quelques semaines après celle de 2 100 lits à l’Université Amadou Mahtar Mbow (UAM) de Diamniadio. Au total, le gouvernement prévoit de porter progressivement à 10 100 le nombre de lits destinés aux étudiants dans les différentes universités publiques du pays. Le programme prévoit également 7 000 nouvelles places de restauration, réparties entre plusieurs établissements.
Cinq lots pour transformer les campus
À Bambey, le lancement officiel du programme s’est matérialisé par la pose de la première pierre d’un des cinq lots consacrés à la construction et à la réhabilitation d’infrastructures universitaires.
Les travaux, confiés notamment à Falaise BTP SARL et Méga Plus Services, représentent un investissement global de 45 milliards de FCFA et doivent être exécutés dans un délai de 15 mois. L’ambition affichée est de renforcer les capacités d’accueil et de moderniser les espaces consacrés à l’enseignement, à l’hébergement et aux services sociaux universitaires.
Le ministre des Infrastructures, Dethie Fall, a souligné que le programme doit concerner plusieurs pôles universitaires du pays, de Matam à Ziguinchor, en passant notamment par Bambey, Thiès et Dakar.
« Le train des constructions et réhabilitations a pris son départ à Bambey », a-t-il déclaré, selon les éléments communiqués à l’occasion de la cérémonie.
Une université face à une hausse annoncée des effectifs
L’enjeu est particulièrement important pour l’UADB, dont les effectifs sont appelés à progresser fortement. Pour l’année académique 2025-2026, l’établissement comptait 11 325 étudiants régulièrement inscrits. Pour la rentrée 2026-2027, 3 500 nouveaux étudiants devraient être orientés vers l’université, portant les effectifs projetés à 14 825 étudiants.
Cette progression pose de nouveaux défis en matière de logement, de restauration, de salles de cours, d’assainissement, d’accès à l’eau et de prise en charge sanitaire.
Le recteur de l’UADB, Pr Ibrahima Faye, a ainsi insisté sur la nécessité d’accompagner la croissance démographique de l’université par des investissements dans les infrastructures et les équipements. Il a également appelé à corriger les déséquilibres territoriaux et à renforcer les moyens de l’établissement afin de préserver ses performances académiques.
22 500 places d’enseignement annoncées
Au-delà de l’hébergement et de la restauration, le programme national prévoit également la réalisation de nouvelles capacités pédagogiques. Les autorités annoncent la construction de 22 500 places supplémentaires, notamment dans les salles de cours et amphithéâtres, sur une période de 15 mois.
Pour les responsables universitaires, ces investissements doivent contribuer à améliorer les conditions d’études et de travail des étudiants, des enseignants-chercheurs et des personnels administratifs, techniques et de service.
À Bambey, la cérémonie a aussi été l’occasion pour le directeur du CROUS, Baye Mayoro Diop, de rappeler aux étudiants la nécessité de préserver les équipements mis à leur disposition. « Un bien abîmé est une dépense de plus », a-t-il notamment lancé, appelant les bénéficiaires à considérer ces infrastructures comme un patrimoine collectif.
Les entreprises en charge des travaux ont, de leur côté, réaffirmé leur engagement à respecter les délais annoncés. Pour l’UADB, le chantier qui s’ouvre désormais devra surtout permettre de répondre à une équation devenue centrale : accompagner la croissance des effectifs par des infrastructures à la hauteur des ambitions affichées pour l’enseignement supérieur sénégalais.
