La rentrée scolaire est maintenue au lundi 12 octobre 2026. Malgré les inondations qui affectent encore certains établissements, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, estime que la situation a évolué favorablement pour permettre la reprise des cours sur l’essentiel du territoire. Il reconnaît toutefois que quelques écoles auront besoin de davantage de temps pour accueillir les élèves dans des conditions satisfaisantes.
Sur le plan des chiffres, le ministre évoque près de 30 000 établissements scolaires à l’échelle nationale. Selon son bilan, environ 644 établissements avaient été recensés comme touchés dans une première estimation. Ce nombre était ensuite retombé à un peu plus de 200, avant une nouvelle baisse à la veille de la rentrée. Il n’a cependant pas communiqué de chiffre national définitif actualisé.
Les situations restent contrastées selon les zones. À Guédiawaye, 46 établissements publics sur 258 ont été affectés par les inondations. En intégrant les établissements publics et privés, le ministre mentionne un total de 1 374 structures scolaires dans cette zone et estime à environ 3 % la proportion touchée. À Pikine, 62 établissements publics sur 170 sont concernés. Ces données locales illustrent l’ampleur des difficultés dans certaines communes, sans constituer un bilan national.
La mobilisation se poursuit avec l’intervention des sapeurs-pompiers, des collectivités territoriales, des parents d’élèves et des communautés éducatives. Certains établissements restent néanmoins confrontés à des difficultés liées notamment à la remontée des nappes phréatiques, qui rend parfois les opérations de pompage inefficaces. Pour ces cas particuliers, un délai supplémentaire de 24 à 48 heures pourrait être nécessaire.
Les heures perdues jugées rattrapables
Le report de la rentrée soulève également la question du quantum horaire, c’est-à-dire du volume d’heures d’enseignement prévu durant l’année scolaire. Sur ce point, Moustapha Mamba Guirassy se veut rassurant. Les 72 heures perdues pourront, selon lui, être récupérées grâce à des ajustements de l’organisation scolaire.
« Nous avons des enseignants dévoués », rappelle-t-il, en évoquant les expériences passées marquées par les grèves ou la pandémie de Covid-19. Le ministre cite notamment la possibilité de prolonger légèrement certaines activités pédagogiques et de mobiliser les outils disponibles pour compenser le retard.
« Le quantum horaire, là nous le sanctuarisons et il n’y a aucune crainte à se faire à ce sujet », assure-t-il. Le gouvernement entend ainsi préserver le volume d’enseignement prévu, sans que le report de quelques jours ne compromette le déroulement de l’année scolaire.
Vers une adaptation du calendrier scolaire au climat
Au-delà de cette rentrée, les perturbations liées aux pluies relancent la réflexion sur l’adaptation du calendrier scolaire aux réalités climatiques. Moustapha Mamba Guirassy indique que plusieurs options ont été examinées, notamment le maintien d’une date commune pour toutes les académies ou une adaptation selon les régions.
Pour cette année, le choix a été de retenir une rentrée commune au 12 octobre. À partir de l’année prochaine, une formule intermédiaire pourrait être envisagée : certaines académies pourraient commencer leurs activités avec environ une semaine de décalage, en fonction des contraintes locales.
Le ministre exclut toutefois, à ce stade, une régionalisation complète du calendrier. La réflexion doit tenir compte de l’évolution du climat, mais aussi de la nécessité de préserver l’organisation des examens et concours ainsi que l’égalité des chances entre les élèves. Cette éventuelle « semi-académisation » reste à l’étude dans le cadre des travaux sur la refondation du système éducatif.
Un million de kits scolaires annoncés
La préparation de la rentrée comprend également un volet matériel. Le gouvernement prévoit la mise à disposition d’un million de kits scolaires au profit des élèves et des établissements. Une mesure qui revêt une importance particulière pour les familles affectées par les inondations.
Moustapha Mamba Guirassy rappelle aussi les efforts engagés pour renforcer l’équipement des écoles. Il cite la distribution de près de 60 000 tables-bancs l’année précédente et annonce un volume similaire cette année, avec l’ambition d’aller plus loin pour répondre aux besoins des établissements.
Pour le ministre, la reprise des cours ne se résume donc pas à la réouverture des portes des écoles. Elle suppose également de garantir la sécurité des élèves, de préserver le temps d’apprentissage et de fournir aux établissements les moyens matériels nécessaires. Malgré les difficultés qui persistent dans certaines localités, il maintient que la rentrée du 12 octobre peut se tenir, avec des aménagements ponctuels là où la situation l’exige.
