INFRASTRUCTURES ET PERFORMANCES SCOLAIRES : GUIRASSY MET EN AVANT LES ACQUIS DE 2024 À 2026

Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, met en avant une progression des résultats scolaires et un effort d’investissement dans les infrastructures pour illustrer les évolutions engagées dans le système éducatif sénégalais. Parmi les chiffres avancés, le taux de réussite au Certificat de fin d’études élémentaires (CFEE) serait passé de 65 % en 2024 à 94 % en 2026. Au Brevet de fin d’études moyennes (BFEM), il serait passé de 70 % à 79 %, tandis que le baccalauréat serait remonté d’environ 48 % à 54 %.

Pour le ministre, cette évolution traduit une amélioration des performances aux différents niveaux d’enseignement. Ces chiffres, présentés au cours de son entretien, constituent l’un des principaux indicateurs qu’il mobilise pour défendre la trajectoire actuelle du système éducatif.

L’effort concerne également les infrastructures. Moustapha Mamba Guirassy fait état de la réalisation de 1 305 salles de classe, de 14 collèges d’enseignement et de trois lycées d’enseignement général. Il mentionne aussi six blocs scientifiques, des blocs administratifs et d’hygiène ainsi que 44 000 mètres linéaires de murs de clôture.

À ces réalisations s’ajoutent plusieurs chantiers en cours : 46 lycées, 46 collèges d’enseignement moyen (CEM) et 46 écoles élémentaires seraient en construction. Le ministre annonce également la construction de 2 500 salles de classe supplémentaires. Il présente ces investissements comme des acquis destinés à renforcer les capacités d’accueil des établissements et à accompagner les transformations pédagogiques.

Les filières scientifiques au centre des orientations

Au-delà des infrastructures et des taux de réussite, Moustapha Mamba Guirassy défend une réorientation progressive du système vers les mathématiques, les sciences, les technologies et le numérique. L’orientation d’un plus grand nombre d’élèves admis au BFEM vers les séries scientifiques suscite toutefois des réserves chez certains responsables d’établissement et parents, qui souhaitent que les choix des élèves tiennent compte de leurs aptitudes et de leurs préférences.

Le ministre estime que cette politique ne peut être réduite à une simple instruction administrative. Il assure qu’elle repose sur un travail conduit avec les inspections d’académie, des experts et des spécialistes, ainsi que sur des mesures d’accompagnement destinées à mieux préparer les élèves et les enseignants.

« Il faut faire confiance à nos enseignants, il faut faire confiance au système éducatif », soutient-il. Pour lui, l’objectif est de corriger une situation dans laquelle certaines écoles ne disposent presque plus de classes dans les séries scientifiques. Une évolution qu’il juge préoccupante pour les perspectives de développement du pays.

Cette orientation s’inscrit, selon le ministre, dans un ensemble de mesures complémentaires. Il cite notamment l’introduction de l’évaluation en mathématiques dans la formation des enseignants au niveau du Centre régional de formation des maîtres (CREM), le renforcement du recrutement d’enseignants spécialisés et la transformation de blocs scientifiques en collèges d’enseignement consacrés aux mathématiques, aux sciences et aux technologies.

Il annonce également un concours national dénommé MASTEC, pour « Mathématiques, Sciences, Technologies et Numérique », destiné aux élèves du CM1 à la terminale. Cette initiative doit contribuer à élargir l’accès aux disciplines scientifiques et à susciter davantage d’intérêt pour ces matières dès les premières années de scolarité.

Les langues nationales comme levier d’apprentissage

Autre axe évoqué par Moustapha Mamba Guirassy : l’utilisation des langues nationales dans les apprentissages. Le ministre considère que l’enfant apprend plus efficacement lorsqu’il peut mobiliser sa langue première. Il défend ainsi l’introduction progressive de ces langues dans l’enseignement élémentaire et au collège, notamment pour l’apprentissage des mathématiques et des sciences.

Il évoque également le développement de démarches liées aux ethnosciences et aux ethnomathématiques, qui visent à rapprocher les connaissances scientifiques des réalités culturelles et linguistiques des élèves.

Cette approche s’accompagne, selon lui, d’un travail sur l’orientation scolaire et la motivation. Le ministère entend notamment renforcer les dispositifs d’accompagnement psychologique afin d’aider les élèves à identifier leurs aptitudes et à construire leur parcours dès les premières années du cycle élémentaire.

Face aux inquiétudes liées à une orientation accrue vers les séries scientifiques, le ministre assure que la démarche doit être soutenue par des enseignants formés, des infrastructures adaptées et un accompagnement pédagogique. Il estime que la promotion des sciences et des techniques constitue un enjeu majeur pour l’avenir du Sénégal, tout en affirmant que la transformation du système éducatif doit s’appuyer sur un ensemble cohérent de mesures.