Le gouvernement du Sénégal prévoit d’investir 90 milliards de francs CFA en Casamance dans le cadre du développement des agropoles et de la relance de la filière anacarde. L’annonce a été faite mardi à Ziguinchor par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, à l’issue d’une rencontre avec les producteurs, transformateurs et exportateurs du secteur.
Selon le ministre, 51 milliards de francs CFA seront consacrés aux agropoles d’Oussouye, Ziguinchor et Bignona, tandis que 39 milliards de francs CFA financeront les infrastructures prévues dans les régions de Kolda et de Sédhiou. Ces investissements devraient permettre la création de neuf nouvelles zones industrielles agroalimentaires destinées à renforcer l’industrialisation de la Casamance. Le gouvernement table sur la création de plus de 50 000 emplois directs et indirects grâce à ces projets.
Serigne Guèye Diop a rappelé que cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale de modernisation de la région, qui bénéficie déjà d’investissements dans plusieurs secteurs, notamment le port de Ziguinchor, l’aéroport et les infrastructures routières. Le ministre a salué la mobilisation des acteurs de la filière anacarde réunis à l’initiative du gouverneur de Ziguinchor. Il a indiqué que cette visite de deux jours vise à accélérer la mise en œuvre de l’agropole sud et la relance de la chaîne de valeur de l’anacarde.
Les discussions ont notamment porté sur l’intégration des Petites et moyennes entreprises (PME) locales dans les agropoles ainsi que sur les mécanismes de financement du secteur. À ce sujet, Serigne Guèye Diop a annoncé que les hangars déjà construits au sein des agropoles seront réservés aux PME et aux Groupements d’intérêt économique (GIE) afin de leur permettre de démarrer rapidement leurs activités. Pour les autres espaces viabilisés, le ministre a invité les investisseurs nationaux et étrangers à développer leurs propres unités industrielles, dans le but de renforcer le tissu productif régional.
Abordant la question du financement de la filière anacarde, il a confirmé le maintien de la contribution de 40 francs CFA par kilogramme exporté. Il a également indiqué que la taxe additionnelle de 20 francs CFA destinée à la formation des producteurs, au financement de la filière et à la réalisation de projets structurants restera en vigueur jusqu’à l’année prochaine.
Le ministre a souligné que ce mécanisme existe dans plusieurs pays producteurs, citant l’exemple de la Côte d’Ivoire où les prélèvements sont plus élevés afin de soutenir davantage la transformation locale. Selon lui, les exportations d’anacarde génèrent actuellement près de 92 milliards de francs CFA, alors que seulement 3 % de la production est transformée sur place. L’objectif fixé par le gouvernement est de porter ce taux à 30 % dans les cinq prochaines années grâce à un accompagnement renforcé des industriels et à des mesures de soutien ciblées.
Serigne Guèye Diop a enfin insisté sur le fait que la stratégie de développement de la Casamance ne repose pas uniquement sur l’anacarde. Les neuf agropoles prévus devront également contribuer à la valorisation d’autres filières agricoles et agroalimentaires porteuses de la région.
