DETTE DU SÉNÉGAL : KRISTALINA GEORGIEVA ANNONCE LA MOBILISATION DES BONS OFFICES DU FMI

Le Fonds monétaire international (FMI) réaffirme son engagement à accompagner le Sénégal dans la recherche d’une solution concertée à la problématique de sa dette publique. S’exprimant lors des Assemblées annuelles de 2026, dans le cadre du Global Policy Agenda, la directrice générale de l’institution, Kristalina Georgieva, a annoncé le déploiement des « bons offices » du FMI afin de faciliter le dialogue entre les autorités sénégalaises et l’ensemble de leurs créanciers, publics comme privés.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’accompagnement apporté au Sénégal à la suite de la mise en évidence d’engagements financiers non déclarés ayant affecté la situation budgétaire du pays. À cet égard, Kristalina Georgieva a salué la démarche de transparence engagée par les nouvelles autorités sénégalaises, estimant qu’elle a permis d’établir plus rapidement un diagnostic de la situation et d’engager les travaux nécessaires à sa prise en charge.

La directrice générale du FMI a notamment souligné que la clarification de la situation de la dette a facilité l’identification des difficultés et la définition des réponses à apporter, en collaboration avec les autorités nationales.

Un accompagnement financier et technique renforcé

Dans son intervention, Kristalina Georgieva a rappelé qu’un accord au niveau des services du FMI avait été conclu avec le Sénégal pour un programme d’un montant d’environ 2,2 milliards de dollars. Ce programme est destiné à accompagner le pays dans le rétablissement de ses équilibres budgétaires et la sortie de la situation financière difficile à laquelle il est confronté.

En parallèle, le FMI entend apporter son expertise technique au processus de traitement de la dette. L’institution précise qu’elle ne prend pas directement part aux négociations entre le Sénégal et ses créanciers. Son intervention consiste notamment à fournir une analyse objective du niveau d’endettement, de sa structure et des paramètres nécessaires à l’élaboration d’une solution soutenable.

Le recours aux bons offices vise ainsi à faciliter les échanges entre les parties, à renforcer la confiance mutuelle et à accélérer la recherche d’un accord, dans le respect du cadre de négociation entre débiteur et créanciers.

Le Sénégal au cœur des mécanismes internationaux de traitement de la dette

Le processus engagé constitue également une étape importante dans la mise en œuvre des mécanismes internationaux de coordination en matière de dette souveraine. Selon Kristalina Georgieva, le dossier sénégalais représente une occasion de mettre en pratique les principes développés au sein de la Global Sovereign Debt Roundtable, qui vise à améliorer la concertation entre les pays débiteurs et leurs créanciers.

L’objectif est notamment de démontrer la capacité du Cadre commun du G20 à faciliter des traitements de dette plus rapides et mieux coordonnés.

La responsable du FMI a fait état de son optimisme à la suite de ses échanges avec plusieurs créanciers majeurs, indiquant que ceux-ci comprennent les enjeux liés à ce dossier. Elle n’a toutefois communiqué aucun calendrier précis concernant l’aboutissement du processus.

Rétablir les marges de manœuvre pour soutenir le développement

Au-delà de la dimension financière, le traitement de la dette constitue un enjeu important pour le rétablissement des marges de manœuvre budgétaires du Sénégal et la poursuite de ses objectifs de développement économique et social.

La directrice générale du FMI a insisté sur la nécessité d’apporter des réponses adaptées aux pays confrontés à des contraintes d’endettement élevées, tout en facilitant leur accès aux financements nécessaires à la croissance.

Elle a également réaffirmé sa confiance dans le potentiel économique du Sénégal et souligné l’importance de lever les contraintes liées à la dette afin de permettre au pays de valoriser pleinement ses perspectives de développement.