Dans un contexte politique marqué par de fortes tensions et des recompositions au sommet de l’État, l’ancien ministre de l’Intérieur Ousmane Ngom a plaidé pour un renforcement du dialogue entre les acteurs politiques afin de préserver la stabilité du Sénégal et consolider les acquis démocratiques du pays. Revenant sur les consultations initiées depuis le 21 mai par le président Bassirou Diomaye Faye avec plusieurs personnalités ayant occupé de hautes fonctions étatiques, Ousmane Ngom estime que cette démarche s’inscrit dans la tradition sénégalaise de concertation et de recherche de consensus.
Selon lui, les grandes avancées institutionnelles du Sénégal ont souvent été précédées ou accompagnées de dialogues entre acteurs politiques, notamment après des périodes de crise. Il a rappelé les épisodes politiques de 1988, 1991 et 1993, soulignant qu’à chaque étape difficile, le dialogue avait permis de trouver des compromis pour préserver la cohésion nationale. L’ancien ministre a toutefois regretté ce qu’il qualifie de « monologues parallèles » dans l’espace politique actuel. À ses yeux, les différents camps échangent davantage entre eux qu’avec leurs contradicteurs, ce qui freine l’émergence de solutions concertées. « Des monologues parallèles ne font pas un dialogue », a-t-il notamment affirmé.
Ousmane Ngom a salué le format choisi par le chef de l’État pour conduire ces consultations, estimant qu’il permet des échanges plus directs et approfondis avec les personnalités reçues. Selon lui, cette approche en format restreint favorise une écoute mutuelle et permet d’aller « au fond des choses » loin des postures politiques habituelles. L’ancien responsable politique a également appelé l’ensemble des acteurs à répondre aux initiatives de dialogue, quelles que soient leurs divergences. Pour lui, l’intérêt supérieur de la nation doit prévaloir sur les clivages partisans. Il estime que les responsables politiques ont le devoir de participer aux concertations afin d’exprimer leurs critiques, formuler des propositions et contribuer à la recherche de solutions pour le pays.
Évoquant l’expérience du président Abdoulaye Wade, Ousmane Ngom a rappelé que l’ancien chef de l’État privilégiait lui aussi l’écoute et la flexibilité dans la gestion des crises politiques. Il a décrit Abdoulaye Wade comme un dirigeant capable d’adapter ses positions lorsque les circonstances l’exigeaient afin de préserver la stabilité du pays.
Au-delà des divergences politiques, l’ancien ministre considère que la période actuelle appelle à un esprit de responsabilité collective. Pour lui, le Sénégal doit continuer à faire vivre sa tradition de dialogue afin d’éviter les crispations politiques et renforcer durablement la démocratie sénégalaise.
