Les débats autour de l’examen des projets de budget pour l’exercice 2027 s’annoncent particulièrement tendus. Samedi, la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale a voté contre l’ensemble des propositions budgétaires qui lui ont été soumises.
Présidée par Alphonse Sambou, la séance s’est déroulée en présence du ministre de l’Économie, des Finances, du Budget et du Plan, Cheikh Diba, accompagné de Bassirou Sarr, chargé du Budget, et d’Allé Nar Diop, chargé de l’Économie, du Plan et de la Coopération.
Les commissaires ont examiné plusieurs projets portant notamment sur les prévisions de recettes et de dette publique, ainsi que sur les budgets de différentes institutions de la République.
Des enveloppes budgétaires diversement appréciées
Parmi les dotations présentées, celle de la Présidence de la République s’élève à 223,86 milliards de FCFA pour 2027, contre 204,54 milliards en 2026. Cette enveloppe représente une augmentation de 19,32 milliards de FCFA. À l’inverse, le budget de l’Assemblée nationale est proposé à 21,11 milliards de FCFA, contre 22,30 milliards l’année précédente.
Les autres institutions concernées se voient attribuer des dotations de 1,50 milliard de FCFA pour le Conseil constitutionnel, 4,69 milliards pour la Cour suprême et 13,07 milliards pour la Cour des comptes.
Mais au-delà de ces montants, les discussions ont principalement porté sur la fiabilité des données financières et la qualité des documents transmis aux parlementaires.
La sincérité des prévisions au cœur des critiques
Plusieurs membres de la Commission ont relevé des incohérences dans les chiffres présentés par le Gouvernement. Des interrogations ont également été soulevées sur la sincérité des prévisions budgétaires, un enjeu majeur dans le cadre de l’examen de la Loi de finances initiale (LFI) 2027.
L’absence de certaines pièces justificatives a également nourri les critiques. Les commissaires ont notamment réclamé la transmission de la loi de règlement 2025, un document essentiel pour apprécier l’exécution des budgets précédents et confronter les réalisations aux nouvelles prévisions. Malgré les échanges avec les représentants du Gouvernement, les réserves exprimées n’ont pas été levées.
Au terme de la séance, les membres de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire ont ainsi rejeté l’ensemble des projets soumis à leur examen, y compris les prévisions de recettes et de dette publique ainsi que les budgets des institutions concernées. Ce vote intervient alors que les travaux parlementaires consacrés à l’examen de la LFI 2027 se poursuivent à l’Assemblée nationale, avec un calendrier prévu du 7 au 16 novembre.
