Arrivé à Dakar dans un contexte particulièrement tendu, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, s’est exprimé sur deux dossiers sensibles au cœur de l’actualité nationale : le contentieux opposant le Sénégal au Maroc autour du titre de champion d’Afrique et la détention prolongée de supporters sénégalais. Une prise de parole très attendue, dans un climat marqué par une forte mobilisation de l’opinion publique.
Un titre au cœur d’un bras de fer juridique
Sur la question du sacre continental, Patrice Motsepe a adopté une ligne strictement institutionnelle, rappelant les actes posés lors de la finale tout en insistant sur le respect des procédures en cours.
« J’ai remis la médaille d’or à Sadio Mané et à Kalidou Koulibaly… J’ai remis le trophée… les 10 millions de dollars… Mais je dois respecter les lois et règlements », a-t-il déclaré.
Une posture qui intervient après la décision controversée du jury d’appel de la CAF de retirer la victoire au Sénégal. Une décision que la Fédération sénégalaise de football conteste fermement devant le Tribunal arbitral du sport.
Du côté des autorités sportives sénégalaises, la position reste constante et sans ambiguïté : le titre acquis sur le terrain demeure intangible. Cette affaire dépasse désormais le cadre sportif pour interroger la crédibilité des instances continentales et la sécurisation des compétitions africaines.
Supporters détenus : une reconnaissance implicite de responsabilité
Autre dossier majeur, la situation des 18 supporters sénégalais détenus au Maroc depuis la finale de la CAN continue de susciter une vive émotion au Sénégal. Près de 80 jours après leur arrestation, l’attente d’un dénouement se prolonge.
Face à la presse nationale, Patrice Motsepe a reconnu la part de responsabilité de la CAF : « ces personnes ont été arrêtées dans un stade, dans une compétition que nous avons organisée, c’est donc aussi notre responsabilité. »
Tout en qualifiant les préoccupations sénégalaises de « légitimes », il a insisté sur la dimension diplomatique du dossier, évoquant des discussions en cours.
Une séquence à forts enjeux pour la CAF
Au-delà du cas sénégalais, cette séquence met en lumière les défis de gouvernance auxquels fait face la CAF, entre exigences de transparence, gestion de crise et équilibre diplomatique.
Pour Patrice Motsepe, l’enjeu est clair : maintenir l’autorité de l’institution tout en préservant la confiance des fédérations membres, dans un contexte où chaque décision est scrutée.
Dans cette dynamique, la visite à Dakar s’inscrit dans une tournée plus large. Après l’étape sénégalaise, Patrice Motsepe est attendu ce jeudi au Maroc, où il doit rencontrer le président de la Fédération royale marocaine de football, Fouzi Lekjaa, ainsi que des représentants du football marocain. Une séquence qui laisse entrevoir une volonté de la CAF de gérer ce dossier sensible au plus haut niveau, entre consultations bilatérales et recherche d’apaisement.
En attendant les conclusions du Tribunal arbitral du sport et une issue favorable pour les supporters détenus, le dossier reste ouvert, avec des implications majeures pour le football africain et pour le Sénégal.
