Protéger les enfants vulnérables suppose aussi de renforcer les mécanismes chargés de veiller sur leurs conditions de prise en charge. C’est dans cette perspective que la Direction générale de la Protection judiciaire et sociale (DGPJS) a engagé, les 18 et 19 août 2026 à Dakar, un processus d’élaboration d’un Guide d’encadrement de l’Inspection de la Protection judiciaire et sociale, avec l’appui de l’UNICEF.
Présidé par Aminata Diouf Faye, Directrice des Services judiciaires, représentant le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, l’atelier a réuni la Direction générale adjointe de la DGPJS, l’Inspection générale de l’administration de la justice, l’UNICEF ainsi que plusieurs institutions partenaires et acteurs du secteur.
Harmoniser les pratiques
Au Sénégal, plus de 138 structures publiques et privées accueillent des enfants en situation de vulnérabilité. Leur encadrement constitue dès lors un enjeu majeur pour les pouvoirs publics, notamment en matière de respect des droits, de sécurité et de dignité des enfants.
L’Inspection de la Protection judiciaire et sociale joue un rôle central dans ce dispositif. Elle est notamment chargée du contrôle des établissements accueillant des enfants et de l’encadrement des pratiques professionnelles qui y sont mises en œuvre.
Le décret n°2024-792 du 26 mars 2024 confie à la DGPJS la mise en œuvre de la politique judiciaire et sociale de l’État en faveur des mineurs victimes, témoins ou en conflit avec la loi. Le futur guide doit contribuer à donner une cohérence à cette mission, en établissant des références communes pour les professionnels de l’inspection.
Un outil de pilotage stratégique
L’objectif n’est donc pas seulement de produire un document supplémentaire. Le futur Guide d’encadrement doit compléter les outils déjà existants, notamment le guide de contrôle et le cahier des charges applicable aux établissements.
Il devra surtout permettre d’harmoniser les méthodes, de clarifier les responsabilités et de fournir aux inspecteurs des repères communs pour conduire leurs interventions. Une démarche qui vise, en définitive, à réduire les disparités dans les pratiques et à garantir une prise en charge davantage conforme aux droits de l’enfant.
Cette orientation s’inscrit également dans la Vision Sénégal 2050, qui fait du capital humain l’un des leviers essentiels de la transformation du pays.
Une feuille de route arrêtée
Pendant deux jours, les participants ont alterné séances plénières et travaux de groupes afin de poser les fondations du futur document. Au programme : validation de la note d’orientation méthodologique, définition des principaux éléments de contenu, adoption du plan de rédaction, constitution des groupes de travail et élaboration d’un chronogramme. L’enjeu est ainsi de passer d’une réflexion générale à une véritable feuille de route pour la conception du guide.
Au cours des travaux, la représentante de l’UNICEF a également insisté sur l’importance des professionnels dans l’efficacité des systèmes de protection de l’enfance. Une conviction résume l’esprit de la démarche : renforcer les compétences et les outils de ceux qui interviennent auprès des enfants revient à renforcer, en amont, le dispositif de protection lui-même.
À travers ce processus, la DGPJS entend ainsi franchir une nouvelle étape dans la professionnalisation de l’inspection. Car, au-delà des textes et des procédures, la protection de l’enfant repose aussi sur la capacité des institutions à disposer de règles claires, de pratiques harmonisées et de professionnels suffisamment outillés pour les mettre en œuvre.
